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Transat Jacques Vabre : 5.400 milles à parcourir
Transat Jacques Vabre 2013 - © Jean-Marie Liot

Transat Jacques Vabre : 5.400 milles à parcourir

Entre Le Havre et Itajaí, les marins vont suivre une trajectoire nord-Sud avec des phénomènes météorologiques subis par le travers, contrairement aux transatlantiques « classiques » entre l’Europe et les Caraïbes. Un parcours de 5 400 milles semé d’embûches dont la première partie s’annonce musclée. Top départ lundi à 14h15 !

La spécificité équatoriale

L’intérêt de cette Transat Jacques Vabre vient du fait qu’elle se démarque par son parcours « vertical » et par la distance à effectuer, 5 400 milles soit la plus longue de toutes ! Mais avant de plonger plein sud vers l’équateur, il faut d’abord s’extraire de la Manche, une zone de 200 milles qui cumule les obstacles et les dangers. D’abord le vent qui s’y engouffre comme dans un entonnoir ; ensuite le courant de marée qui change de direction toutes les six heures avec de forts coefficients lundi pour le jour du départ; enfin le trafic maritime dense.

Avec une brise de secteur nord pour le départ lundi, tournant assez rapidement à l’ouest en début de nuit, la sortie de la Manche sera relativement rapide mais très agitée avec plus de quatre mètres de creux au large d’Ouessant et un vent qui se renforce à plus de 25 nœuds au fil des heures. L’objectif des coureurs en Class40, en monocoque IMOCA et en Multi50 sera avant tout de ne pas casser de matériel sur cette mer très chaotique.

La suite sera aussi dynamique au vu des fichiers météo : la traversée du golfe de Gascogne (350 milles) s’annonce très humide avec un vent d’ouest de travers de plus de 30 nœuds. La brise devrait nettement se calmer aux abords du cap Finisterre, mais il y aura encore une mer très formée !

Tranche par tranche

La zone suivante entre la pointe espagnole et l’île de Madère, soit 750 milles, ne se présente pas comme une partie de plaisir : certes le vent va mollir et la mer se calmer, mais cette pause météorologique sera difficile à appréhender. Regroupements ou échappées sont probables… Avant d’accrocher des alizés canariens qui semblent bien installés sur les 1 600 milles suivants jusqu’au Pot au Noir.

La négociation de cette Zone de Convergence Inter Tropicale (ZCIT) sera la partie aléatoire de cette transat. Ensuite, le régime est calé par l’anticyclone de Sainte-Hélène et son flux de sud-est qui tourne progressivement à l’est en abordant les côtes brésiliennes au large de Salvador de Bahia, soit 800 milles à courir.

La suite est normalement sous contrôle avec un long bord de spinnaker de 600 milles jusqu’aux cap Frio qui marque l’entrée de la baie de Rio de Janeiro. Et là, c’est le capharnaüm ! Les 700 derniers milles jusqu’à Itajaí sont les plus incertains du point de vue météo : peu de données, peu d’expériences précédentes, beaucoup d’orages…

Ils ont dit :

Pietro D’Ali, co-skipper de Fantastica (Class40):

Les conditions étaient réunies pour casser des bateaux dans la nuit de dimanche à lundi : vents très forts, mer formée et stress du départ. Je préfère une première nuit plus normale, quitte à subir de fortes conditions par la suite. C’est bien mieux pour se mettre dans le rythme. En prenant le départ d’une telle course en novembre, on s’attend à subir des vents violents !

Erwan Le Roux, skipper de FenêtréA Cardinal :

La mer dicte sa loi. C’est une décision sage et cohérente pour les marins, leurs partenaires présents et les bateaux accompagnateurs. Les hommes et le matériel seront bien plus en sécurité au port. Se prendre 40-50 nœuds en Manche avec le trafic, le courant et la proximité de la côte : ce serait l’enfer ! L’objectif est de traverser et nous voulons les six Multi 50 à Itajaí.

Pascal Bidégorry, co-skipper de Safran (IMOCA) :

Je n’ai pas été surpris de cette décision. Ca nous évite un coup de vent méchant dans la nuit de dimanche à lundi. Il faut être raisonnable. Il faut reconnaître qu’on va avoir quatre premiers jours durs voire très durs avec des vents moyens de 30 nœuds et une mer très croisée. Il y a beaucoup de houle au large du golfe de Gascogne. Avec des vents qui basculent tout le temps entre le sud-ouest et le nord-ouest, ça fait une mer hachée dans tous les sens. Mais qu’on parte dimanche où lundi, de toutes façons, ça va être la guerre.

Sébastien Josse, skipper de Edmond de Rothschild (MOD70) :

La semaine prochaine, la situation météo est très perturbée. On parle de 30 nœuds de vent moyen avec 4,5 mètres de houle… Au-delà de ces conditions, ça devient problématique pour nos bateaux. Pour le moment, il y a une petite fenêtre mercredi.

About Christophe Segard

Mordu de politique, d'économie, de cinéma et de musique. Co-fondateur du Phare Ouest Retrouvez moi dans l’œil du Phare : http://ow.ly/nA5TD

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