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Mini Transat : l’urgence de l’attente
Mini Transat 2013, le départ - DR

Mini Transat : l’urgence de l’attente

C’est quasiment fait. A l’exception, de deux ou trois concurrents encore en mer, toute la flotte de la Mini Transat est bien au chaud, qui à la marina de Sada, qui dans le port de Gijon. Le départ se fera depuis Sada dès que les 76 bateaux encore en course auront réussi à rallier le port galicien. Une fenêtre météo pourrait s’ouvrir à compter du mardi 5.

Entre légitime déception des coureurs qui avaient réussi à boucler le parcours de cette première étape entre Douarnenez et Sada, nécessité de prendre en compte les différences de niveau des coureurs au sein d’une classe, par définition hétérogène, et les contraintes d’une météo particulièrement hostile, la décision d’annuler cette première étape n’a pas été facile à prendre. Entre tous ces paramètres, c’est bien évidemment la sécurité des marins qui prime. Il a aussi fallu trouver un abri pour une flotte de près de 70 bateaux. Les liens établis entre Douarnenez et le club naval de Gijon, la réactivité de la capitainerie de la marina asturienne soutenue activement par la Mairie de Gijon auront été déterminants pour la réussite de l’opération.

Gijon – Sada, la balade cantabrique

Ce soir, quasiment toute la flotte sera à l’abri à Gijon, à l’exception des cinq protos qui sont à la marina de Sada. La logique veut que ce soit la flotte bloquée à Gijon qui revienne sur Sada pour y prendre le départ. D’une part, parce que la ria de Sada est dans une position stratégique idéale pour passer le cap Finisterre, de l’autre parce que ce serait une sorte de double peine pour les cinq navigateurs solitaires qui avaient réussi à boucler le parcours de leur demander de repartir vers l’est à destination de Gijon. Une fenêtre météo semble se profiler dans la journée de mardi qui permettrait aux navigateurs de rejoindre la ligne de départ en convoyage. Il faudra ensuite compter quatre à six jours de course jusqu’à Lanzarote où l’escale technique devrait être raccourcie drastiquement pour essayer de combler une part du retard sur la route des Antilles.

Ils ont dit :

Nicolas Boidevezi (Nature Addicts)

La décision d’annuler l’étape n’a pas été vraiment suivie dans une démarche officielle. Maintenant l’objectif était de prévenir tous les bateaux avant que le coup de vent d’aujourd’hui n’arrive sur la flotte. C’est ce que la direction de course a fait en faisant passer le message par la vacation, par les bateaux accompagnateurs. C’est sûr que ce n’est pas une décision qui fait plaisir à entendre, en même temps, la difficulté de l’organisation c’est de prendre en compte les 84 coureurs, du premier au dernier.

Bertrand Delesne (TeamWork)

J’ai trouvé que le début de la course était dur. Dans la baie, il y avait des rafales à 25 nœuds. Ca faisait un mois qu’on n’avait pas navigué donc c’était un peu raide. Le passage du raz de Sein s’est bien passé mais il y avait de grosses risées qui descendaient. Moi je trouvais que c’était assez casse-bateau. Je n’ai pas trop voulu forcer sur la machine à ce moment là. J’avais le pressentiment que l’on pouvait faire des conneries.

Robin Marais (Marcel for Ever)

Le départ était sous tension du fait des conditions météo. Je n’avais pas réussi à prendre la météo avec la BLU. Mais en discutant en VHF avec les autres coureurs qui se posaient des questions sur la météo, j’ai vu que pas mal commençaient à faire demi-tour et j’ai décidé de les accompagner. Je n’avais pas envie d’aller tout seul au carton. Je n’ai pas eu beaucoup plus de trente noeuds de vent, mais la mer était vraiment très formée.

Arnaud Daval (Techneau)

C’était des conditions pas faciles. On savait déjà en partant que les conditions allaient être difficiles, d’ailleurs les difficultés techniques des uns et des autres en témoignent. Je n’ai pas cherché à forcer trop sur le bateau, j’ai cherché à préserver mon matériel. Pour moi la Transat, ce n’est pas s’arrêter au cap Finisterre donc si je veux pouvoir aller au bout, il faut ménager aussi un peu sa monture. J’ai fait attention à cela et je n’ai rien cassé. Quand la décision d’annulation de la course a été prise, j’ai tiré sur la barre et je suis rentré direction Gijon.

About Christophe Segard

Mordu de politique, d'économie, de cinéma et de musique. Co-fondateur du Phare Ouest Retrouvez moi dans l’œil du Phare : http://ow.ly/nA5TD

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