Home / Sport / Basket / La vie au rebond
La vie au rebond
Agnes Etavard | © Marie Tiburce

La vie au rebond

Victime d’un accident de la route en 1997, Agnès Etavard devient paraplégique. Cette passionnée de sports intègre le Club Trégorrois Handisport de basket à Lannion, en 2005. Ses performances lui ont permis de participer, à 34 ans, aux Paralympiques de Londres l’été dernier. Une épreuve qui a suscité, selon la sportive, un fort engouement du public.

« C’était une montée d’adrénaline. Nous nous sommes pris pour des stars pendant cinq minutes ! » se remémore Agnès Etavard. En février dernier, la ville de Lannion l’a récompensée pour ses exploits aux Paralympiques de Londres qui ont eu lieu l’été 2012. « Quand je suis entrée sur le terrain j’ai été impressionnée par l’ovation du public, relate-t-elle avec beaucoup d’émotion. C’était démesuré, il n’y a pas de mots pour décrire ça. »

L’engouement pour le handisport est récent. « L’épreuve a été beaucoup médiatisée, les gens sont davantage curieux, ils me demandent souvent comment je fais pour m’installer dans le fauteuil. Avant le public était moins nombreux. »

62 sélections en équipe de France

De caractère fonceuse, cette jeune basketteuse n’a peur de rien. Elle évolue dans une équipe mixte au CTH de Lannion depuis 2006. « Les schémas de jeux sont beaucoup plus tactiques, et il y a bien plus de chocs quand on s’entraîne comme moi avec des hommes ». Sa passion pour le sport n’est pas nouvelle. Plus jeune, Agnès a pratiqué karaté, tennis de table et tennis. Son premier contact avec le basket : un an en cadettes, à 15 ans, où elle était surclassée.

Agnes Etavard

Agnes Etavard| © Marie Tiburce

C’est en 1997 que sa vie bascule. Sa moelle épinière est sectionnée suite à un accident de voiture, toutes ses habitudes doivent changer. Mais Agnès a un profil de battante et ses proches l’aident à surmonter cette épreuve. Au centre de rééducation, elle découvre le handisport et se fait très vite repérer par une joueuse de l’équipe de France. Sur le terrain « elle entre vite au contact des joueurs, ne s’avoue jamais vaincue. » explique Gérard Guivarc’h, le président du CTH Lannion. Son poste de meneuse en équipe de France témoigne de sa persévérance. Son excellent niveau lui permet d’être sélectionnée plus de soixante fois en équipe de France.

« Je vis et je respire basket »

Née de parents polonais, elle a vécu ses vingt premières années dans le Gard pour déménager ensuite dans les Côtes d’Armor. Un léger accent chantonnant trahit la bretonne d’adoption. Titulaire d’un BEP Comptabilité, elle n’a jamais connu le monde du travail. Le basket occupe une place dominante dans sa vie. « Le lundi j’ai un entraînement physique, le mardi et le jeudi je m’entraîne avec le club. Le samedi c’est le jour de la compet’ et on est souvent en déplacement comme Lannion évolue au plus haut niveau (N1A). »

Mais ce n’est pas tout, Agnès a deux filles, Léa (12 ans) et Louanne (4 ans). Comme leur mère, elles jouent au basket ! « Le mercredi, je les emmène à l’entraînement. En fait, je n’ai pas le temps d’avoir d’autres activités que le basket ! plaisante la joueuse, en précisant : Ma vie me plaît ainsi. Je vis et je respire basket. »

Agnes Etavard

Agnes Etavard en famille | © Marie Tiburce

L’an dernier, elle se retrouve à entraîner sa propre équipe, faute de coach attitré. « Si c’était à refaire, je ne pense pas que je le referai. J’ai senti que j’étais moins intégrée dans l’équipe car c’était difficile de s’investir des deux côtés. Je suis une des plus jeunes du club de Lannion mais comme j’avais l’expérience des compétitions internationales, je me suis proposée. Certains membres du club pourraient être mes parents ! » Agnès s’est aussi retrouvée à entraîner ses propres filles. « C’était dur d’être sévère envers elles. Mais il faut être juste, pour le bien collectif de l’équipe. »

La Bretagne « on l’aime ou on la quitte »

Si Agnès a posé ses baskets à Lannion, ce n’est pas uniquement pour le sport. En 2005, lors d’un stage dans le Trégor avec l’équipe de France, elle rencontre Frank, qui porte également les couleurs du CTH. Les deux sportifs sont tout de suite attirés l’un par l’autre. Un an plus tard, elle quitte le Gard pour le rejoindre. Ils s’installent peu de temps après à Trédrez-Locquémeau (22) et s’y plaisent. « Le meilleur public français, c’est sans conteste celui d’ici. Le handibasket a vraiment trouvé sa place à Lannion. À chaque fois que l’on joue à domicile, la salle est complète ! précise Agnès. De toute façon, la Bretagne on l’aime ou on la quitte. » , s’amuse-t-elle.

Agnès et Frank s’entendent à merveille, en 2008 le couple se marie. Leurs caractères les amènent parfois à des contradictions. « Agnès a un fort tempérament. Mais quand on a un problème on le règle sur le terrain » plaisante son mari.

About Marie Tiburce

Laisser un commentaire

Scroll To Top