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Travail le dimanche : le gouvernement dans une impasse ?
L'enseigne d'un magasin Leroy Merlin | © ΛΦΠ

Travail le dimanche : le gouvernement dans une impasse ?

Le sujet est de plus en plus présent dans l’actualité : donner le droit de travailler. La première décision concernait une parfumerie des Champs Elysée, interdite d’ouvrir après 21h00. Maintenant c’est le travail dominical qui pose problème.

Et c’est lors d’une réunion interministérielle, qui a lieu aujourd’hui à Matignon, que des réponses concernant le travail possible le dimanche, doivent être trouvées. Castorama et Leroy Merlin venant de défier, hier, les décisions de justice.

La question

Il faut savoir si la législation doit évoluer ou non. Et après les déclarations de plusieurs ministres tout laisse penser que oui.
Bien que se disant opposé à la généralisation du travail dominical, Bernard Cazeneuve, ministre du Budget, a déclaré sur Europe 1 qu’ « il y a des villes, des régions qui sont dans une situation particulière et me problème est assez périmétré ». Dans ses déclarations, le ministre ajoute qu’il y a un « contentieux » et une « impasse » mise en place par la droite, une opposition de la loi face aux personnes qui souhaitent travailler et ceux qui souhaitent consommer.

La ministre déléguée au Commerce, Sylvia Pinel, est pour sa part favorable à un dialogue afin de clarifier «un millefeuille réglementaire qu’il faut absolument clarifier, mais sans polémique» mais elle reste totalement opposée au travail de nuit.. Une ouverture de ton qui tranche avec les déclarations de Benoît Hamon, ministre délégué à la Consommation, qui juge « inadmissible » le non respect des enseignes d’une décision de justice.

Emploi, consommation…

Des discours et des décisions qui ne correspondent pas forcément aux attentes des Français, qui ne correspondent pas, non plus, aux objectifs du gouvernement. La question du travail dominical, ou du travail de nuit, divise.

Concernant le travail de nuit, les employés de Sephora viennent d’attaquer les syndicats. Cent-un salariés du magasin Sephora des Champs-Elysées ont assigné vendredi dernier en référé les syndicats du commerce de Paris, qui ont obtenu en justice le lundi la fermeture à 21 heures du parfumeur, propriété du groupe LVMH, au lieu de minuit ou une heure du matin.

Même son de cloche dans les enseignes de bricolage ou les employés souhaitent avoir le droit de travailler, signalant que la rallonge sur le salaire n’est pas négligeable et que le fait de travailler est un choix individuel. Selon la Fédération des magasins de bricolage c’est 1200 personnes qui sont concernées par la fermeture imposée aux deux enseignes. La fédération insiste sur le fait que 15 à 20% du chiffre d’affaires est réalisé le dimanche. Un point également souligné par Sephora, plus de 20% du chiffre d’affaire était réalisé entre 21h et minuit.

Alors forcément ça bloque. L’opinion se demande comment, dans des temps « de crise », on peut interdire aux Français de travailler d’une part et à ceux qui le souhaitent de consommer librement. Un manque à gagner évident pour l’économie, le pouvoir d’achat et l’emploi.

Protection du travail et syndicat

C’est une cacophonie sans nom : des syndicats qui jurent œuvrer pour le bien, la protection des salariés, mais des salariés qui mettent tout en place pour continuer à travailler le dimanche ou après 21h.

Selon un sondage diffusé par M6, 55% des personnes se disent prêtes à travailler le dimanche si la loi l’autorisait.

Une loi complexe

La loi française autorise les commerces à ouvrir le dimanche mais sous certaines conditions (zones touristiques, périmètres de consommation exceptionnels…).

Dans les agglomérations de plus de 1 million d’habitants, le préfet peut accorder une dérogation aux commerces de détails intégrés aux PUCE « périmètre d’usage de consommation exceptionnel ».

L’inscription des zones touristiques étant à la seule volonté du maire, la aussi tout se complique et le texte annonce uniquement qu’il s’agit « des communes d’intérêt touristique ou thermales et dans les zones touristiques d’affluence exceptionnelle ou d’animation culturelle permanente peuvent donner le repos hebdomadaire par roulement pour tout ou partie du personnel ».

Reste à savoir comment le gouvernement va réagir sur le dossier du travail de nuit, le travail dominical, lui qui s’acharne à relancer la consommation et l’emploi.

About Christophe Segard

Mordu de politique, d'économie, de cinéma et de musique. Co-fondateur du Phare Ouest Retrouvez moi dans l’œil du Phare : http://ow.ly/nA5TD

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