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Chine. Une ONG pour réunir les familles séparées
Enfant en Chine | © Hervé Bry

Chine. Une ONG pour réunir les familles séparées

Le miracle économique chinois fait souvent rêvé. L’envers du décors est lui beaucoup moins reluisant. Des enfants se retrouvent livrés à eux-même, car leurs parents les quittent pour aller travailler en ville. L’ONG INNO, a peut-être trouvé la solution pour leur apporter un peu de bonheur.

Ce phénomène est récurrent en Chine. Des jeunes parents des campagnes ou de villes intermédiaires sont obligés de quitter leur foyer pour subvenir aux besoins de leurs enfants. La vie des grandes villes est cher et ces parents ne peuvent souvent pas emmener leurs enfants avec eux. Ils sont donc laissés à un proche, souvent à des grands parents. On les appelle les enfants « abandonnés ».

Des enfants abandonnés

Les chiffres sont éloquents. Selon les statistiques officielles, la province du Guangdong compterait 4 millions 380 milles de ces « orphelins ». INNO, une ONG, a décidé de proposer un programme innovant pour venir en aide à ces enfants. La première session a été organisée en août. L’ONG a réussi à réunir 13 enfants et leurs parents ouvriers migrants à Canto, durant 4 jours. Les animateurs ont organisé plusieurs activités ludiques pour aider les parents et les enfants à se re-découvrir et à resserrer les liens qui existent entre eux, comme la date d’anniversaire de maman, la couleur préférée de papa, etc. Ce premier exercice permet de rafraîchir les mémoires avant de passer au niveau supérieur. La semaine s’est poursuivie avec différentes activités avant de se conclure avec une visite du lieux de travail des parents.

Prendre conscience

Le plus compliqué restait l’ouverture des usines. Inno a réussi à convaincre plusieurs usines d’ouvrir leurs portes aux enfants des ouvriers. Cette visite permet de resserrer le lien parent-enfant, mais pas seulement. Il permet également de faire prendre conscience aux enfants que l’éducation est important. Aller à l’école permet d’éviter de se retrouver sur des chaînes à faire un travail pénible et répétitif. Sheila, responsable du projet chez INNO, est convaincue de la justesse de sa démarche : « Pour la plupart de ces familles, 4 jours, c’est la plus longue période qu’ils peuvent passer ensemble. Ils se voient une fois par an, mais jamais plus longtemps que cela. Bien qu’ils forment un ‘foyer’, ils se connaissent à peine plus que des inconnus qui se rencontrent dans une rue de Canton ».

Un problème national

 Il est  intéressant de se demander pourquoi ces familles doivent quitter leurs foyers pour aller travailler. Pourquoi ne peuvent elles pas non plus emmener leurs enfants. L’Etat doit chercher à améliorer le quotidien de ces familles, en allégeant par exemple les difficultés administratives, car en dehors des obstacles financiers les familles chinoises sont confrontés à de lourdes démarches administratives. Il est extrêmement difficile pour un chinois de mettre son enfant à l’école ailleurs que dans la municipalité où il est né.

About Sarah Duval

Cofondatrice et rédactrice en chef de Le Phare Ouest.

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