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La lutte s’organise contre les marées vertes
L'embouchure du Roscoat | © Anthony Fouchard

La lutte s’organise contre les marées vertes

Quand on parle des algues vertes on évoque souvent le coût du ramassage. Plus difficile à estimer, l’impact sur le tourisme se chiffre lui en centaine de millions d’euros. L’Etat et les collectivités ont mis en place de nombreux moyens pour réduire la prolifération des algues vertes. Mais les résultats ne sont pas immédiats. Zoom sur un plan de lutte à l’échelle d’une baie. Celle de la Lieue de Grève.

En 1970, la petite ville côtière de Saint-Michel-En- Grève comptait 7 établissements hôteliers. Aujourd’hui, il n’en reste plus qu’un, l’Hôtel de la Plage, racheté en 2010 par un ancien employé de l’établissement.
Dans un rapport [PDF] daté de 2009, le Conseil scientifique de l’environnement de Bretagne expliquait que « c’est toute la vocation touristique et résidentielle de la Bretagne qui, au-delà des marées vertes, est altérée par les impacts environnementaux de l’agriculture. » Dans ce même document, les scientifiques dévoilent de nouvelles estimations de coût relatifs a l’agriculture intensive en bretagne : « l’ordre de grandeur du montant cumulé des aides publiques investies en Bretagne pour la maîtrise des pollutions agricoles est plus proche du milliard d’euros que de la centaine de millions d’euros. »

Localement, le ramassage sur la baie de Saint-Michel-en-Grève avoisine chaque année le million d’euros. Alors pour lutter contre ces algues, des plans locaux ont vu le jour en Bretagne. Sur la Lieue de Grève, les agriculteurs sont mis à contribution. D’abord de manière volontaire, ils pourraient ensuite être contraint par l’État si la pollution ne va pas en s’améliorant.

Ferme pilote

Ils sont 10 fermes pilotes a avoir signé une charte d’engagement au projet de « territoire à très basses fuites d’azotes. » L’objectif du plan de lutte, prévoit qu’en 2015, 80 % des exploitations de plus de trois hectares adoptent l’herbage. Bruno Loutrage est exploitant laitier. Il possède 53 vaches. « L’herbe absorbe plus d’azote dans le sol que le maïs par exemple,» explique t-il « On a favorisé aussi le pâturage pour nos bêtes, ça permet de les nourrir différemment. » Bruno avait déjà entamé « son passage à l’herbe » début 2009 avec une mise aux normes. La conversion a donc été facilité. Il n’a pas constaté d’influence sur sa production.

Bruno Loutrage

Bruno Loutrage est le gérant de l’EARL des Quatres Dames à Saint-Michel-en-Grève | © Anthony Fouchard


« Ces fermes pilotes ce sont une sorte de boîte à outils. On expérimente, on voit ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, » explique Jean-Claude Lamandé, vice-président de Lannion-Trégor Agglomération, en charge des bassins versants.
Objectif est d’atteindre 10mg de nitrate par litre d’eau. « On est parti en 2009, les taux étaient aux environs de 50. Aujourd’hui nous sommes stabilisé à 27. C’est une progression déjà énorme. »

Les cours d’eau sous surveillance

les cours d’eau des bassins versants sont les principaux pourvoyeurs d’azotes vers l’océan. Le Yar et le Roscoat contribue à 60% des flux, le Douron à 30% à lui tout seul.

« En terme d’objectif, on veut atteindre 28,4 mg/L dans le Roscoat et 25,4 dans le yar à l’horizon 2015. »

Pari presque gagné pour le premier, les dernières mesures font état de 29mg/l d’eau. Le Yar lui, a encore des progrès à faire avec 32 mg/l. Depuis 3 ans , la quantité d’algues vertes ramassées en baie de sSaint-Michel-en-Grève à tendance à se stabiliser, note Jean-Claude Lamandé. Cette année, les prévisionnistes s’attendent à un record d’algues vertes, du aux conditions météo . « Si les efforts effectué depuis 2009 ont porté leurs fruits, on devrait constater le résultat en fin d’été, » espère t-il.

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