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Transmusicales. Interview – Partez en voyage avec Fakear

Transmusicales. Interview – Partez en voyage avec Fakear

« Quelles émotions ai-je envie de mettre dans l’EP » et « Quel voyage ai-je envie de proposer ? » sont les questions qui traversent l’esprit de Fakear lorsqu’il compose. Beatmaker depuis trois ans, il vient de sortir son deuxième EP : Dark Lands. Après « Morning in Japan », sorti en juin, qui nous emmène au Japon avec des sonorités asiatiques, cet EP « est beaucoup plus ouvert et représentatif de ce que [je] fais maintenant. »

Présent au Festival Beauregard et à Astropolis cet été, puis au Nördik Impakt il y a un mois, Fakear enchaîne les dates. Samedi, aux Transmusicales, le jeune Caennais a ouvert la soirée à 21h55, hall 9. Pas de doute, le public a été transporté.

Fakear, peux-tu te présenter ?
Je m’appelle Théo, j’ai 22 ans et je fais de la musique sous le nom de Fakear depuis trois ans maintenant. J’ai un parcours un peu « chelou ». Je suis tombé dans la musique tout petit parce que mes parents sont profs de musique. Mon passé est très rock’n roll, pendant les années lycée et même au collège tout mon univers musical était porté là-dessus. C’est en terminale que j’ai commencé petit à petit à basculer vers l’électronique, en passant par le trip hop, en écoutant des groupes comme Radiohead, Archive, Massive Attack… Puis j’ai commencé à composer tout seul en fait. Quand tu composes seul tu t’aides de logiciels, de micros, etc… Et ça m’a poussé à enregistrer des sons, découper des morceaux de chansons, à les réorchestrer…

Et toi, tu joues d’un instrument ?
Oui, je suis guitariste. Je touche un peu à tout, mais on va dire principalement guitariste.

Au lycée tu jouais dans un groupe avec Superpoze notamment, quels souvenirs gardes-tu de cette époque ?
C’était un groupe de lycéens ! On se voyait seulement une fois par semaine pour les répets, on a fait juste quelques concerts. Mais c’était des bons moments de répets, des bons moments entre potes. On était en cours ensemble aussi, dans une classe de musique un peu spécialisée. C’est vrai qu’on a un gros passé en commun.

Vous êtes tous les deux beatmakers mais avec un univers différent, ça vous arrive de discuter ensemble de votre propre musique ?
Oui on en parle pas mal. Mais on ne va pas parler « musicalité ». Quand on parle de nos projets on va davantage parler boulot, production, de dates, de carrières… Après ce sont des projets solos, donc on ne parle pas « musique ». Il y a des choses que j’aime bien chez lui, d’autres moins, c’est certainement pareil pour lui. Et puis on parle des choses de la vie, comme entre potes quoi (rires).

Tu viens de sortir un nouvel EP « Dark Lands ». Les critiques sont pour l’instant très bonnes. Est-ce que tu accordes un intérêt particulier à ce qu’écrit la presse ?
Oui ! Carrément, ça fait toujours plaisir ! Après c’est à prendre avec beaucoup de mesures mais ça fait super plaisir de voir que les gens sont touchés, que l’EP leur parle. Cet EP-là est très personnel comparé à « Morning in Japan ». Il est beaucoup plus fouillis. Donc si ça touche du monde c’est hyper gratifiant.

Combien de temps y as-tu consacré ?
Je ne consacre pas clairement du temps à un EP. Je ne me dis pas « Allez vas-y, je vais faire un EP. » En fait je compose tout le temps, plein de trucs. Et au bout d’un moment je me retrouve avec 20-30 morceaux et à partir de là je me dis : Bon, est ce-que j’ai envie de sortir quelque chose ? Dans quelles directions l’EP va aller ? Quelles émotions j’ai envie de mettre dedans. Quel voyage j’ai envie de proposer en fait !

Tu accordes beaucoup de place à la partie vocale. Dans Morning in Japan, l’univers est très japonisant. D’où te vient cette passion ?
« Morning in Japan » c’était un peu un délire du moment, c’était un thème que je m’étais plus ou moins donné. « Dark Lands est beaucoup plus représentatif de ce que je fais maintenant. C’est un EP plus ouvert. Si je sors un album ou un EP plus tard, ça sera dans la continuité de celui-là. En fait, je ne suis pas plus attaché à la culture asiatique qu’à une autre. J’aime la musique afro-cubaine, chinoise, africaine, japonaise… Mais proportionnellement aux autres continents, tu as beaucoup plus de musique asiatique enregistrée. Il y a beaucoup de morceaux qui sortent là-bas et plus de matière à exploiter. Donc je vais piocher dedans de manière un peu naturelle. Mais j’ai aussi quelques chansons avec des samples africains, quelques chansons avec des samples d’Indiens d’Amérique…

Est-ce que tu aimes voyager ? Quel pays préfères-tu ?
Oui, je voyage beaucoup en touriste ! Je suis allé en Islande l’été dernier. C’était une grosse claque au niveau de la culture, du pays, des paysages ! Je suis resté là-bas un mois, j’ai fait tout le tour de l’île un peu à l’arrache avec mon sac à dos. C’est un peu en mode road trip dans ces pays-là. J’ai ramené plein d’images, d’émotions.

Ça te sert pour ta musique ?
Oui, carrément ! Après ça ne se ressent pas forcément dans les compos car elles sont très typées asiatiques justement. Mais tu vois la photo de la pochette de « Dark Lands » ? Eh bien c’est l’Islande !

Quel est ton morceau préféré dans « Dark Lands » ?
Je les aime tous autant. Si j’en avais aimé un moins qu’un autre je ne l’aurais pas mis. Mais je suis attaché par Mount Silver qui commence par de la guitare. Il y a un truc un peu particulier avec cette chanson car je l’ai composée quand j’étais dans un état d’esprit spécifique.

Quel est ton meilleur souvenir sur scène ?
Le Club Coatelan à Morlaix !

Sérieux ? Mais c’est pas très grand pourtant ! (rires)
Mais ça défonce (rires) ! J’ai fait des plus grosses scènes comme Nördik, Beauregard, où c’était mortel. À Morlaix c’est pas le côté grosse scène tout ça, il devait y avoir 100 personnes, quelque chose comme ça. Mais il y avait une grosse ambiance en mode « à l’arrache ». Le programmateur Joran Le Corre est incroyable, il faut que tu le rencontres ! J’ai passé une excellente soirée là-bas. J’en garde un de mes souvenirs les plus « ouf » parmi tous les concerts. Plus les dates sont grosses, moins tu as de temps pour rencontrer les gens. Nördik c’était génial mais ça brasse beaucoup d’artistes. Les soirées en Province, dans des petites salles, avec des gens cool, ça reste les meilleurs souvenirs !

Tu es programmé à Panoramas en avril 2014, donc tu vas revenir à Morlaix !
Ouais ! C’est trop bien, je suis super content ! (rires)

Astropolis cet été, les TransMusicales maintenant, Panoramas en avril… Vieilles Charrues l’été prochain ?
J’espère !

Y a-t-il une scène où tu aimerais jouer ?
Il y en a une en Belgique oui, à Dour !

Et en France, que penses-tu la culture électronique ?
Je trouve que l’on a un public assez décalé comparé à l’Angleterre où l’Allemagne et tous les pays de l’Est. Les groupes qui font le buzz chez nous, en France, c’est Vitalic, C2C, Wax Tailor. Alors que si ces artistes font des gros festivals à l’étranger, ils ne sont pas forcément les têtes d’affiche. On est dans un autre délire, un peu old school je dirai.

Quel genre de musique tu écoutes ?
J’aime bien les choses un peu « fat ». Je suis dingue du dernier album de M.I.A. J’écoute beaucoup Flume, et Bonobo aussi, c’est vraiment l’artiste référence. Et la radio FIP ! Après j’écoute de tout, mais avec un penchant électronique quand même.

Tu as déjà fait la première partie de Flume et Wax Tailor, quels souvenirs en gardes-tu ?
La première partie de Wax Tailor c’était marrant car c’était vraiment mes débuts. Je n’avais pas de show construit. Je me souviens que j’avais vraiment le trac. Avec Flume mon projet était bien plus réfléchi. Le public était content d’être là et très réceptif.

Tu as repéré des artistes aux Trans ?
Hier (vendredi) je n’ai pas trop eu le temps d’aller voir des concerts. J’ai vu Le Vasco, c’était violent, carrément bien ! Mais sinon tous ceux que je voulais voir sont passés : London Grammar, LA Vegros. Et demain (dimanche) il y a Jungle, mais je ne suis plus là. Je verrai ce soir, je me laisserai porter par le truc…

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