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Sur le chemin de l’école avec Zahira, 12 ans, Maroc

Sur le chemin de l’école avec Zahira, 12 ans, Maroc

Zahira est une jeune Berbère de douze ans qui habite un village perdu de la vallée d’Imlil, au coeur des plus hauts sommets de l’Atlas marocain. L’hiver, les températures peuvent descendre jusqu’à -20°C, avec plusieurs mois de neige.

Sur le chemin de l'école | © Senator FilmverleihDans ces villages reculés, les populations sont loin de placer la scolarisation de leurs enfants en tête des priorités. Encore aujourd’hui, dans les villages alentour, beaucoup de pères ne souhaitent pas que leurs filles quittent le village pour aller à l’école.

Comme tous les lundis, Zahira se lève à l’aube et quitte son village pour se rendre au foyer d’Asni, situé à plus de vingt-deux kilomètres, où elle est scolarisée en classe de sixième. Zahira doit franchir des cols et des vallées, souvent dans des conditions extrêmes. Après une marche solitaire, Zahira retrouve ses copines, Zineb et Noura, qui habitent dans une autre vallée. En cheminant, elles récitent leurs leçons, parlent de leur vie au foyer et à l’école. Zahira marche toujours en tête, menant le trio. Elles s’amusent et plaisantent, mais s’inquiètent toujours de savoir si elles trouveront un transport une fois sur la route, car rares sont ceux qui acceptent de prendre des filles.
Très assidue, Zahira a toujours été parmi les premières de sa classe. Ses excellents résultats lui ont d’ailleurs valu une bourse. Sa famille est très fière d’elle. Elle est la première génération à se rendre à l’école.
Plus tard, Zahira souhaite devenir médecin pour aider et soigner les pauvres.

L’hiver, Zahira et ses copines doivent marcher dans le froid et la neige pour aller à l’école. Quand il y a trop de neige, elles ne peuvent pas y aller. Les trois filles sont souvent mal chaussées. Elles partent à l’aube souvent par zéro degré avec de petites chaussures de toile. L’hiver, elles ont les pieds qui gèlent.
Parfois, les trois filles empruntent des raccourcis très dangereux dans la montagne. Ce sont des petits sentiers qu’empruntent les mules et les muletiers pour gagner du temps. Lorsqu’il pleut, les pierres roulent sous leurs pieds et les chutes peuvent avoir de graves conséquences.
L‘année dernière, Zahira et ses copines se sont perdus à cause du brouillard. Elles ne voyaient pas à plus de 20 mètres et elles ont erré dans la montagne pendant des heures sans savoir où elles allaient.

Le transport est toujours le point le plus compliqué pour les filles. Les hommes n’aiment pas prendre les écolières dans leur véhicule. Il leur faut vraiment insister pour se faire emmener à l’école. Elles n’ont pas le choix car, après plusieurs heures de marche, elles ont plus de 20 kilomètres à parcourir sur une route avec un véhicule. Elles se retrouvent souvent dans des petites camionnettes bondées au milieu des animaux. Noura a régulièrement mal au cœur et les chauffeurs refusent de s’arrêter.
Il est fréquent que les filles transportent quelque chose pour le foyer. Des gâteaux, du pain et parfois même des poules ou des chevreaux qu’elles échangent contre des gâteaux ou des bonbons.
Zahira fait la lecture à sa grand-mère tous les soirs. Sa grand-mère écoute Zahira avec admiration et tendresse.

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- L’éducation au Maroc -

Carte du MarocDonnées générales

32, 273 millions d’habitants (source : UNESCO 2011)
Nombre de décès d’enfants de moins de 5 ans pour 1 000 naissances : 31 (source : UNESCO).

Données sur l’éducation

44% des adultes (c’est-à-dire les personnes de plus de 15 ans) sont analphabètes, dont 66% de femmes (source : UNESCO).
Le taux d’analphabétisme des jeunes atteint 20% (13% pour jeunes garçons et 28% pour les jeunes filles) ce qui témoigne à la fois de la faible qualité de l’éducation et des inégalités dont souffrent les filles, particulièrement en zones rurales (source : UIS).
Le Maroc consacre près de 6% de son PIB à l’éducation ; le budget de l’éducation représente 26% du budget national. Les financements se concentrent essentiellement sur l’éducation primaire et secondaire (source : UIS).

Analyse des enjeux

134 000 enfants au Maroc n’accèdent pas à l’enseignement primaire. Ce sont essentiellement des enfants vivant en zones rurales et issus de familles pauvres.
56% des enfants d’âge primaire non scolarisés sont des filles. Les inégalités entre filles et garçons s’accroissent au niveau de l’enseignement secondaire : 90% des garçons sont scolarisés en 1ère année du secondaire (correspondant au niveau 6e en France) contre seulement 73% des filles.
La langue constitue une difficulté d’accès à l’éducation et freine les apprentissages des enfants issus de familles berbérophones (la langue officielle d’enseignement étant l’arabe).

About Nolwenn Nedelec

Présidente de l'association AHJV France, journaliste pour Le Phare Ouest. Passionnée de cinéma, littérature, musique... Bref la culture en général.

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