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Snowpiercer : un voyage qui ne ressemble à rien d’autre
Snowpiercer, Le Transperceneige - © Wild Side Films

Snowpiercer : un voyage qui ne ressemble à rien d’autre

Bienvenu à bord du Transperceneige, un film qui ne ressemble à aucun autre et qui risque de marquer les mémoires.

Bong Joon-Ho vous embarque dans un univers visuel ou chaque compartiment de ce train est différent du précédent. On voyage entre noirceur ultime et luminosité extrême. C’est une épopée futuriste qui tient correctement les rails. La survie de l’humanité est ici une chose bien noire, désespérante et puissante.

Synopsis

2031. Une nouvelle ère glaciaire. Les derniers survivants ont pris place à bord du Snowpiercer, un train gigantesque condamné à tourner autour de la Terre sans jamais s’arrêter. Dans ce microcosme futuriste de métal fendant la glace, s’est recréée une hiérarchie des classes contre laquelle une poignée d’hommes entraînés par l’un d’eux tente de lutter. Car l’être humain ne changera jamais…

Une histoire de 8 ans…

Créer le Snowpiercer

À quoi doit ressembler le Snowpiercer et comment se déplace-t-il ? La priorité absolue pour le réalisateur et son équipe était le train. Leur premier défi fut de décider comment le concevoir, le montrer et sur quel axe le filmer, puisqu’il allait occuper près de 99% du film. Trois concepteurs, dont Jang Hee-chul – le créateur du monstre de THE HOST – ont travaillé ensemble sur cette question avant même que ne commence le travail sur le scénario.
Le train devait comporter au moins 4 compartiments afin de montrer les déplacements des passagers de l’arrière du train ; c’est pourquoi les Studios Barrandov en République Tchèque ont été choisis : avec plus de 100 mètres, ils étaient les plus longs d’Europe !

Un énorme cardan fut alors conçu puis construit afin de rendre réalistes les mouvements d’un train en déplacement.

Un cardan est un dispositif qui est utilisé pour simuler le mouvement de grands bateaux ou sous-marins dans des films comme PIRATES DES CARAÏBES ou USS ALABAMA ; c’est aussi un outil indispensable pour recréer de manière réaliste les mouvements d’un train. Cependant, on n’avait jamais vu un cardan capable de porter un train de 120 tonnes avec des wagons de 30-40 tonnes chacun se déplaçant sur une centaine de mètres… L’équipe des effets spéciaux de Barrandov Flash a créé un énorme cardan avec 6 pistons pneumatiques sur chaque wagon pouvant contrôler la fréquence et l’intensité du mouvement, monté sur un moteur spécial et utilisant les plans du réalisateur pour la simulation du train. Le résultat fut un train qui se déplace comme sur de vrais rails, se courbe comme un serpent dans les virages et vacille de façon réaliste, tout en offrant une vue intérieure vers l’avant.

Le cardan va aider le spectateur à avoir l’impression d’être dans un véritable train.

Les différentes parties du train ont des usages distincts. Si ces différentes parties étaient mises bout à bout, le train aurait une longueur totale de plus de 650 mètres – autant que quatre TGV !

Né de l’obsession de Wilford, un fanatique des trains qui rôde dans la salle des machines, ce train-vaisseau fait le tour de la terre en une année.

Bong Joon Ho fut émerveillé par le majestueux paquebot Queen Elizabeth, quand il était en Australie pour la sortie de THE HOST. Il a donc conçu un luxueux train-paquebot, qui a tous les attributs du bateau de croisière mais sur un même niveau. Puisque le train devait être à la fois une sorte d’Arche de Noé et être capable de générer énergie et ressources tandis qu’il poursuivait son voyage sans fin, les passagers étant séparés en différentes classes dans différentes parties, le réalisateur et le directeur artistique ont dû créer, véritablement « inventer » chaque wagon.
La queue du train, jadis réservée au transport de marchandises, a été transformée pour accueillir des passagers dans les conditions terribles que représentent surpopulation, pénurie d’eau et de chauffage ; elle a été conçue à partir de l’image des bidonvilles que l’on retrouve dans toutes les villes du monde.

La serre qui est remplie de plantes, la zone de loisirs pour les riches, la salle de classe où l’on apprend aux enfants à vénérer Wilford, étaient toutes très différentes.

La salle des machines, à l’avant du train où réside Wilford, a l’allure d’une cathédrale où trône la Machine Éternelle que l’on idolâtre.

Huit ans après avoir été fasciné par la bande dessinée de Jacques Lob, Le Transperceneige, c’est le 16 avril 2012 aux Studios Barrandov que le réalisateur a finalement pu insuffler la vie aux images nées dans sa tête.
Dès qu’ils mirent le pied dans les studios où les décors étaient en construction Bong Joon Ho et Hong Kyung-pyo déclarèrent : «On ne peut plus reculer».
Et c’est ainsi que commença l’aventure SNOWPIERCER, Le Transperceneige.

La pré-production du film dura 1 an et 3 mois, dont 9 mois en Corée et 4 mois en République Tchèque. Un total de 72 séquences de prises de vue furent finalisées sur 3 mois, impliquant quelque 200 personnes, comédiens et équipes techniques, de langues et de cultures différentes, venues de Corée, des États-Unis, de Grande-Bretagne et de République Tchèque.

Les techniciens coréens de l’équipe, habitués à travailler avec des horaires irréguliers – voire même toute la nuit lors des prises de vues – étaient très surpris de voir les techniciens des autres pays se montrer tellement stricts sur leurs horaires de travail (12 heures maximum par 24 heures) et même de repas, et ce même quand ils travaillaient sur des scènes importantes. Les techniciens des autres pays, étaient, quant à eux, étonnés par les story-boards incroyablement précis qui étaient donnés chaque jour ainsi que par le système de montage immédiat sur site qui permettait de contrôler les scènes tournées. Le système du story-board sur le tournage était une combinaison des dessins exécutés par un professionnel en amont et de ceux des scènes à tourner le lendemain réalisés par Bong Joon Ho pendant la nuit.

Ed Harris, qui avait réalisé POLLOCK, et Chris Evans, qui avait testé différentes manières de travailler à Hollywood, fascinés, ont même suggéré d’introduire cette méthode à Hollywood.

About Christophe Segard

Mordu de politique, d'économie, de cinéma et de musique. Co-fondateur du Phare Ouest Retrouvez moi dans l’œil du Phare : http://ow.ly/nA5TD

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