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Rencontre avec Valérie Bonneton, actrice dans Eyjafjallajökull

Rencontre avec Valérie Bonneton, actrice dans Eyjafjallajökull

Devenue populaire notamment grâce à son rôle dans la série télévisée Fait pas ci Fait pas ça et celui dans Les petits mouchoirs où elle était nominée aux Oscars en tant que meilleur second rôle féminin, Valérie Bonneton revient au cinéma en compagnie de Dany Boon.

Ils incarnent un couple de divorcés forcés de s’entre-aider pour assister au mariage de leur fille. L’éruption du volcan islandais au nom imprononçable, Eyjafjallajökull, impose aux deux ex-époux une cohabitation qu’aucun d’entre eux ne désirait.
Valérie Bonneton nous raconte comment elle a vécu le tournage et ses retrouvailles avec Dany Boon.

Qu’est-ce qui vous a séduite dans le projet ?

L’envie a tout de suite été là quand j’ai lu le scénario. Une évidence.
Cette promiscuité forcée entre deux personnes qui se détestent et leur périple à travers l’Europe me plaisaient énormément. J’ai trouvé que c’était une très bonne idée, assez simple pour laisser de la place à l’imprévu, avec d’excellents dialogues. On percevait quelque chose de fort, des situations justes qui permettaient d’apporter de la comédie. J’étais partante à 200 %.

Et l’idée de jouer tout cela avec Dany Boon ?

C’était l’un des attraits du projet pour moi. On se connaît. On avait déjà joué ensemble il y a vingt ans. J’adore Dany. Il est une des belles rencontres de ce métier. Il est du Nord, comme moi, et on partage le même genre d’humour. Pour être honnête, je ne savais pas trop comment ça allait se passer. J’étais curieuse de voir si son immense succès l’avait changé. Je me demandais comment il travaillait aujourd’hui. Nous devions être dans la vérité des situations et de l’histoire. Du coup, je n’étais pas timide, mais presque. Et puis je l’ai retrouvé ! C’était comme si on avait joué la veille.
Il est resté fidèle à lui-même, avec le même esprit et la même générosité. Ce qui me fascine chez lui, c’est qu’il est extrêmement doué pour beaucoup de choses, et vraiment disponible pour tout le monde, pour son public, ces gens qui l’adorent. Il est d’abord très humain. Il peut passer deux ou trois heures avec les gens après le tournage, alors que tout le monde est épuisé. Il est incroyable.

Eyjafjallajokull | © Mars Distribution

Eyjafjallajokull | © Mars Distribution

Comment décririez-vous votre personnage ?

Valérie porte le même prénom que moi, mais c’est un hasard. C’est une femme plutôt ambiguë.
Elle n’est pas foncièrement mauvaise, elle est aussi sur la défensive. Elle et son ex ont eu une histoire compliquée, dont il ne reste qu’une enfant. C’est d’ailleurs leur fille qui provoque cette situation. Valérie se sent coupable par rapport à sa fille, parce qu’elle n’a pas été aussi présente qu’elle l’aurait voulu. Du coup, elle met un point d’honneur à se rendre à son mariage, si possible en reprenant le dessus sur le père qui, lui, s’est occupé d’elle. Elle fait un complexe maternel.
Physiquement, j’ai essayé de lui donner une tension, aussi bien dans son attitude que dans sa façon de parler. Je suis plus douce qu’elle et je ne m’énerve que rarement. Elle est épidermique face à lui et cela devait se sentir.
C’est aussi un personnage fort, qui n’a pas peur. Elle y va. Il fallait qu’entre eux deux, il y ait un vrai duel. Les deux ont des failles, les deux sont capables du pire comme du meilleur.

Quel regard portez-vous sur leur relation et comment l’avez-vous jouée avec Dany ?

Pour se haïr autant, les personnages ont dû s’aimer très fort. La haine partagée est un lien, comme l’amour. En psychologie, on dit que la haine est un amour inversé. Je vois ça comme ça.
Ici, dans cette histoire de tensions très fortes, les scènes ne sont que des provocations. Et dans ces scènes de tension, de manipulation, d’affrontement, Dany était toujours très présent.
On se balance des horreurs, on s’inflige les pires bassesses. Ils en viennent quand même aux mains ! Il fallait donner une intimité forte à toutes ces choses. On était ensemble pour le jouer. Je trouve que Dany a encore gagné en maîtrise, en vitesse. Il a un remarquable sens de la rupture.
On réagissait l’un à l’autre, on rebondissait. Dany est un formidable partenaire pour cela. C’est aussi de cette manière que j’aime travailler, pour le film, pour l’autre. On ne se dit pas que c’est le partenaire qui va être meilleur et nous emmener ; chacun donne tout ce qu’il peut. Il fallait vraiment aller à fond dans le jeu, beaucoup de scènes vont loin. Il y avait en plus une grande variété de situations, de la cascade à la confrontation intime, en passant par des scènes émouvantes.
Alexandre, le réalisateur, nous laissait une grande liberté, sans pour autant perdre le film de vue.
Entre Dany et moi, il y avait un vrai plaisir à se décontenancer, à se parler vraiment, à chercher une vérité et à voir la surprise dans l’oeil de l’autre. Comme par exemple lorsque je consulte mon portable pendant qu’il me fait la morale.
Ce sont des choses de ce genre que l’on peut inventer. Quand on arrive dans un décor, dans une situation, on se dit qu’on va faire ça et c’est génial.
Alexandre nous guidait, nous laissait proposer, et savait nous garder dans la ligne du film. C’est très agréable pour un acteur d’avoir quelqu’un qui sait très précisément ce qu’il veut, qui dirige.
Alexandre connaissait très bien le film puisqu’il a écrit le scénario. Il avait tout en tête précisément, et c’est génial.

Comment s’est passé le tournage ?

On n’a pas arrêté de changer de ville, en Allemagne, en Autriche et en Croatie. Il y a aussi eu la Belgique. C’était super ! On était dans un décor, et le lendemain on était ailleurs. C’est bien, car l’aventure est le propre de notre métier.
On fait un film, puis on ne sait pas ce que l’on va faire ensuite, une pièce de théâtre ou autre. De se retrouver dans ces endroits, ces décors, c’est très nourrissant, très enrichissant.
Je n’étais jamais allée en Allemagne. Je ne connaissais pas non plus la Croatie.
C’est sublime. C’est un souvenir magique. Quelle chance de travailler ainsi ! Je crois que l’on ne voyage jamais mieux que lorsqu’on travaille, surtout avec une équipe aussi agréable.

Eyjafjallajokull | © Mars Distribution

Eyjafjallajokull | © Mars Distribution

En voyant le film terminé, avez-vous découvert quelque chose que vous n’aviez pas anticipé au tournage ?

J’ai été surprise. D’habitude, j’ai beaucoup de mal à me regarder, mais là, je me suis fait embarquer par le film et j’ai profité du moment. Je trouve qu’Alexandre a fait un très beau travail. L’ensemble fonctionne très bien. Le rythme est excellent et les images sont superbes.

Quel souvenir garderez-vous de cette aventure ?

C’était vraiment intense. Contrairement à ce que l’on pense, dans les comédies, on n’est pas là pour se détendre et se marrer ! On avait des horaires de fous, on était de tous les plans. Alexandre ne lâchait rien, et nous non plus. On allait au bout du bout à chaque fois. Ce film est vraiment important pour moi. C’est une grande chance.
Je n’avais jamais eu un rôle comme ça. On avait une vraie belle équipe, entre les producteurs, le réalisateur, les acteurs… Quand je suis arrivée, les producteurs et Alexandre m’ont accueillie à bras ouverts, en me faisant confiance. C’est très motivant.
J’aime beaucoup le film. Je pense que les gens vont passer un bon moment ! Je crois aussi que cette comédie peut faire du bien. Voir ce couple faire preuve d’autant de mesquinerie dans une telle intimité peut être dédramatisant. Alain et Valérie nous montrent joyeusement jusqu’où il ne faut pas aller !

About Nolwenn Nedelec

Présidente de l'association AHJV France, journaliste pour Le Phare Ouest. Passionnée de cinéma, littérature, musique... Bref la culture en général.

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