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Rencontre avec Dany Boon, acteur dans Eyjafjallajökull
Eyjafjallajokull | © Mars Distribution

Rencontre avec Dany Boon, acteur dans Eyjafjallajökull

Depuis l’explosion de Bienvenue chez les Chtis, Daniel Hamidou, plus connu sous le nom de Dany Boon, enchaîne les succès mitigés avec les longs métrages. Il espère renouer avec une réussite franche avec le volcan islandais au nom imprononçable : Eyjafjallajökull.

Il est accompagné d’une femme qu’il connait bien, Valérie Bonneton. Ensemble ils vont parcourir une partie de l’Europe pour assister au mariage de leur fille unique en Grèce. Petit problème, le volcan islandais entre en éruption et leur vol est annulé. Seul moyen de rejoindre la Grèce : s’entre-aider et cohabiter, pas toujours simple lorsqu’on est divorcé et que nos meilleurs rêves sont ceux où l’on arrive à tuer l’autre. Dany Boon nous explique son ressenti sur le tournage et ses retrouvailles avec Valérie Bonneton.

Comment avez-vous rejoint le projet ?

Laurent Zeitoun, que je connais depuis longtemps, est l’un des trois coauteurs, et producteur chez Quad. Quand il m’a parlé du projet, je n’étais pas disponible, mais parce que je suis curieux, j’ai quand même lu le scénario ! J’ai trouvé l’histoire très réussie, drôle, moderne. J’aimais l’idée et les personnages, très représentatifs de certains couples d’aujourd’hui : ils sont restés ensemble très peu de temps, et passent leur vie à être divorcés. Ici, en l’occurrence, pour le bien de la comédie, ils se détestent, et vont être obligés de traverser l’Europe ensemble pour se rendre au mariage de leur fille unique.
J’adore le titre du film. Il est imprononçable ! Jamais les Américains n’accepteraient un titre de film pareil ! On peut le faire en France, et je trouve cela formidable. Utiliser le prétexte de l’éruption du volcan pour poser les avions, remplir tous les trains et les obliger à se débrouiller autrement est vraiment malin… J’aime cette idée de road movie avec cette notion d’urgence et de compte à rebours pour arriver à temps au mariage de leur fille.

Eyjafjallajokull | © Mars Distribution

Eyjafjallajokull | © Mars Distribution

Comment décririez-vous Alain, votre personnage ?

Il dirige une auto-école, mais il n’a qu’une seule voiture ! Ce n’est pas un modèle de réussite sociale, mais ça n’a aucune importance pour lui. Son ex-femme s’en sort beaucoup mieux avec ses cliniques vétérinaires florissantes. Elle est riche, ce qui ne l’empêche pas de continuer à lui faire payer la pension. En fait, ils font tout ce qu’ils peuvent pour se brimer, se dénigrer et s’humilier l’un l’autre.

Quel regard portez-vous sur leur relation ?

Une chose qui m’a vraiment séduit dans le scénario, c’est que chaque fois que l’on se dit que ça y est, qu’ils se parlent enfin posément, intelligemment, comme il est préférable de le faire, il s’agit souvent en fait d’une nouvelle manipulation de l’un pour mieux enfoncer l’autre. À chaque fois, on a envie de croire qu’ils se tendent la main, mais ils aggravent tout. Pour ceux qui regardent, c’est du bonheur ! Ils n’ont aucune pitié, aucune limite.
En fait, ce que j’aime dans ce film, c’est qu’il parle du couple et de la relation homme/femme telle qu’elle est aujourd’hui. On peut aller très loin, ce que l’on ne ferait pas dans une relation d’amitié ou de travail. Ils rêvent même de se tuer !

Que pensiez-vous de l’idée de jouer ce couple avec Valérie Bonneton ?

Le fait de travailler avec Valérie Bonneton était pour moi l’un des atouts du projet. On se connaît bien et je l’apprécie énormément. Elle est du Nord et elle a énormément d’humour. Quand j’ai joué ma première pièce de théâtre à Paris, « La La Love You », c’était avec elle… Elle était au Conservatoire et je sortais du cours Simon. On avait fait ensemble « Les Zacros de la télé », une minisérie dans laquelle elle jouait souvent ma femme. C’était il y a longtemps, depuis on s’est ratés sur plusieurs projets. Je lui ai proposé des rôles mais elle était occupée au théâtre. Et cette belle occasion est arrivée.

Eyjafjallajokull | © Mars Distribution

Eyjafjallajokull | © Mars Distribution

Votre relation vous a-t-elle aidé dans votre jeu ?

Cela peut paraître paradoxal, mais le fait de bien s’aimer nous a permis de nous balancer tout de suite les pires horreurs ! Jouer avec elle ces gens qui ne peuvent pas se voir était un bonheur. C’était un festival, que ce soit sur le plan verbal, à travers les situations, et même jusqu’au physique puisque les personnages en viennent aux mains ! C’était assez jubilatoire d’être méchant avec mon ex.
Surtout lorsqu’on est dans les codes de comédie. Ça va très loin !
Entre nous, avec Alexandre et avec l’équipe, il y avait une vraie écoute et beaucoup d’échanges.
J’adore partager ça.
Vos personnages s’infligent parfois des choses cruelles…
C’est vrai qu’ils y vont fort et que parfois, cela peut être grinçant, mais je crois qu’au-delà de la cruauté, cela peut parler aux gens car les sales coups qu’ils échangent sont d’abord la manifestation de leur peine et de leur détresse. Ce sont des moments de faiblesse où ils se laissent aller. Cela nous arrive à tous, à des degrés divers. On ne se rend pas toujours compte que l’on va trop loin.

Le tournage « itinérant » a lui-même été une véritable aventure. Comment l’avez-vous vécu ?

J’aime bien voyager, me balader. « Ne me dis pas où on va, dis-moi avec qui… ». On était tout le temps en vadrouille et on a tourné dans des endroits aussi paumés que magnifiques. Il y avait aussi pas mal d’action dans la comédie.
J’aime ça. C’est sûr que quand on lit que l’avion traverse les arbres et s’écrase dans la forêt, on est content de le faire ! Je me suis retrouvé dans une vraie carcasse d’avion démolie, traînée par des câbles, à grande vitesse… On a passé des jours à se faire traîner, secouer, taper dans tous les sens !
Ce qui est fou, c’est que quand on fait ce genre de cascade, on se rend compte que ce n’est drôle que lorsqu’on se fait vraiment mal. Moi qui suis assez prudent, j’ai appris qu’il y a des choses pour lesquelles il faut donner de sa personne ! Si on prend des baffes ou des coups, il faut vraiment se les prendre pour que ce soit réaliste et que ça fasse rire les gens. Sur ce film, il y avait de quoi faire, on s’est quand même pas mal bagarrés. C’était surréaliste et très drôle !

Eyjafjallajokull | © Mars Distribution

Eyjafjallajokull | © Mars Distribution

Comment avez-vous travaillé avec Alexandre Coffre, le réalisateur ?

On a fait beaucoup de lectures. J’adore faire des lectures parce que c’est là que l’on commence à sentir l’histoire, à découvrir les personnages et à se laisser porter par le scénario. C’est une étape essentielle. On apprend aussi à connaître ceux avec qui on va faire équipe.
Même si je propose des choses, je reste à ma place de comédien et je me laisse guider par le réalisateur. En l’occurrence, Alexandre avait aussi coécrit, et je n’ai pas la prétention d’avoir travaillé mon personnage aussi longtemps que ceux qui sont dessus depuis des mois, voire des années.
En général, je découvre le personnage et l’histoire entre trois et six mois avant de tourner. Si l’histoire me plaît, je la regarde comme un lecteur avisé.
Et ensuite on discute. J’ai aimé la manière dont Alexandre m’a parlé du film et ce qu’il voulait en faire. Je n’ai pas été déçu. Le film ressemble à ce que nous espérions tous, et il est en plus très beau esthétiquement.

Quel souvenir garderez-vous du film ?

Ce métier offre de belles aventures humaines, et ce film en est une. J’ai beaucoup aimé le duo que je forme avec Valérie. C’était un bonheur de tourner enfin un film où l’on est tous les deux à parts égales dans l’histoire, avec un vrai rôle de comédie pour une femme.

About Nolwenn Nedelec

Présidente de l'association AHJV France, journaliste pour Le Phare Ouest. Passionnée de cinéma, littérature, musique... Bref la culture en général.

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