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Interview : Nicolas Bary
Au Bonheur des Ogres - © Bruno Calvo

Interview : Nicolas Bary

Après avoir autoproduit ses deux premiers courts métrages, « Fragile » en 2003, « Before » en 2004 et tourné « Judas » en 2005 produit par Dimitri Rassam, il se lance avec lui dans son premier long métrage qu’il écrit et réalise : « Les Enfants de Timpelbach », adaptation du roman éponyme de Henry Winterfeld.

Sorti en décembre 2008 avec un casting prestigieux (Carole Bouquet, Gérard Depardieu, Armelle), le film totalisera près de 750 000 spectateurs.

Aujourd’hui c’est encore un livre qui inspire son film « Au Bonheur des Ogres » avec l’adaptation de la saga Malaussène.

Interview

Après « Les Enfants de Timpelbach » en 2008, votre deuxième film est aussi l’adaptation d’un livre : hasard ou coïncidence ?

Je suis passionné par les adaptations. Me plonger dans l’oeuvre de quelqu’un d’autre me donne de l’énergie car j’ai envie de défendre l’univers de l’auteur. Je mets bien sûr des choses de moi mais essaie d’être le plus fidèle possible à l’esprit des livres qui m’ont fait rêver.

Pourquoi avoir choisi d’adapter le livre mythique de Daniel Pennac, Au bonheur des ogres ?

J’avais envie d’une discontinuité avec mon précédent film. Je voulais un univers moderne mais décalé. J’ai relu Au bonheur des ogres et j’ai ressenti à ce moment-là comme une évidence. J’aimais beaucoup le mélange des genres, entre le polar et la comédie.

Entre « Les Enfants de Timpelbach » et « Au Bonheur des Ogres », vous semblez aimer diriger les enfants.

Les enfants sont une source d’énergie incroyable. Ils réagissent tout de suite aux indications. Cela a d’ailleurs influencé ma façon de diriger les adultes : trouver le bon mot sans faire de trop longs discours. Le casting des enfants n’a pas été trop difficile : nous avons trouvé les perles rares assez rapidement.

Et concernant les adultes ? Comment s’est passé le casting ?

Pour jouer Benjamin Malaussène, il fallait quelqu’un d’énergique. Je connais Raphaël Personnaz depuis longtemps et quand je l’ai vu dans « La Princesse de Montpensier » de Bertrand Tavernier, j’ai tout de suite pensé à lui. Nous sommes tombés d’accord lui et moi pour gommer un peu son côté « beau garçon ».

Bérénice Bejo est Tante Julia, un personnage assez énigmatique.

Bérénice, en plus de sa beauté, est quelqu’un de spontané. J’ai été touché par son énergie lors de notre première rencontre. Son personnage dans le film est comme ça : une séductrice franche mais sans vulgarité.

Emir Kusturica se fait plus rare en tant qu’acteur. Comment l’avez-vous convaincu ?

Pour le personnage de Stojil, le gardien de nuit serbe du magasin, l’idée d’Emir Kusturica, que j’admire, est tout de suite venue. Quant à Guillaume de Tonquédec, je l’avais vu sur scène au théâtre dans « Le Prénom ».

« Au Bonheur des Ogres » c’est une histoire d’amour, un polar mais aussi des disparitions d’enfants inexpliquées.

Il y avait l’idée que chacun se fasse son interprétation. Les ogres sont une métaphore ; ils sont dangereux pour les enfants. Je voulais garder cet aspect « conte » pour le film.

Que voudriez-vous que les spectateurs pensent de votre film en sortant de la séance ?

J’aimerais que les spectateurs soient surpris par ce conte moderne. Que les gens ne sachent pas où le film les emmène. Et qu’ils sortent bien sûr ravis du voyage.

About Christophe Segard

Mordu de politique, d'économie, de cinéma et de musique. Co-fondateur du Phare Ouest Retrouvez moi dans l’œil du Phare : http://ow.ly/nA5TD
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