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Interview :  Michelle Pfeiffer
Malavita

Interview : Michelle Pfeiffer

Lauréate du Golden Globe, et trois fois citée à l’Oscar, Michelle Pfeiffer fascine les spectateurs grâce à sa beauté et à l’intensité de ses prestations depuis plus de trente ans.

Aujourd’hui à l’affiche de « Malavita » de Luc Besson, elle se retrouve être la femme d’un ancien de la mafia, joué par Robert De Niro, et femme au foyer explosive.

Comment l’aventure a-t-elle commencé pour vous ?

Cela fait longtemps que je voulais tourner avec Robert De Niro. Nous avions partagé l’affiche de deux films mais nous n’avions aucune scène ensemble. Du coup, j’étais enchantée à l’idée d’être avec lui sur le plateau ! Par ailleurs, j’aime beaucoup le cinéma de Luc Besson et j’ai toujours été attirée par l’univers de la mafia. C’était donc difficile de résister à un tel projet !

Qu’est-ce qui vous a plu dans le scénario ?

Le fait qu’il s’agisse d’une histoire très originale, bien plus que d’un film de mafia traditionnel. MALAVITA parle d’une famille de mafieux déjantés qui, tout en étant placés sous la protection du FBI, ne peuvent s’empêcher de semer le chaos autour d’eux ! Leurs pires ennemis, ce sont eux-mêmes ! Le film s’attache donc aux liens familiaux qui prennent le pas sur l’intrigue criminelle et c’est ce qui m’a plu.

Qui donc est cette Maggie Blake que vous incarnez ?

C’est elle qui assure la cohésion et l’unité de sa famille, comme c’est souvent le cas pour les femmes. C’est une fonceuse au caractère bien trempé mais elle cherche toujours à tirer le meilleur parti des situations auxquelles elle est confrontée et à remonter le moral de son mari et de ses enfants. Elle a fini par accepter le mode de vie qui est le sien mais elle a besoin, par moments, de laisser sa rage s’exprimer…

Elle semble souffrir des préjugés de certains habitants du village.

Oui, elle se sent même humiliée par leur antiaméricanisme primaire. C’est un sentiment qui est parfois légitime mais elle en subit les conséquences malgré tous ses efforts pour s’intégrer, ce qui est très injuste. Elle a beau faire de son mieux et témoigner du respect pour la culture locale, elle est souvent traitée sans aucune considération. C’est ce qui nourrit sa rancoeur.

Malavita - Photo : Jessica Forde ©EUROPACORP- TF1 FILMS PRODUCTION – GRIVE PRODUCTIONS

En revanche, elle se rapproche de plus en plus des deux agents du FBI qui surveillent sa maison.

Ce sont ses meilleurs amis. Elle les considère même comme des membres de sa famille. On est souvent à la recherche de relations authentiques avec les personnes avec lesquelles on arrive à être soi-même : ces relations sont rares. Comme ces deux types connaissent ses secrets les plus intimes et qu’ils l’acceptent telle qu’elle est, Maggie se sent en confiance avec eux. Elle n’a pas besoin de jouer la comédie.

En quoi Luc Besson se distingue-t-il d’autres réalisateurs avec lesquels vous avez travaillé ?

Ce qui est à la fois difficile et stimulant, c’est qu’il est très rapide, si bien qu’il faut être constamment réactif. Dans le même temps, cela fournit une énergie positive qui se prête très bien à ce genre de film. Je pense que la question du rythme est essentielle et Luc en est, lui aussi, convaincu. Il m’arrive par moments de prendre un peu trop mon temps pour me préparer à une scène : il a fallu que je me fasse un brin violence pour changer mes habitudes de travail.
Luc est constamment ouvert aux idées de ses acteurs mais il n’hésite pas à les refuser s’il ne les juge pas pertinentes. Il ne perd pas de temps en débats inutiles et cela vous oblige, en tant que comédien, à formuler des propositions intelligentes.

C’était aussi la première fois que vous tourniez en France…

J’ai eu le sentiment que ce tournage avait une dimension «européenne», dans la mesure où il y avait beaucoup moins de monde sur le plateau que sur un tournage américain. Je dirais qu’il y avait moitié moins de techniciens que sur une production hollywoodienne. Et pourtant, chacun fait très bien son boulot et le tournage avance avec rapidité et efficacité.

Malavita - Photo : Jessica Forde ©EUROPACORP- TF1 FILMS PRODUCTION – GRIVE PRODUCTIONS

Malavita

Comment s’est passée votre collaboration avec Robert De Niro ?

J’avais un peu le trac au départ. Il doit y avoir cinq acteurs que je vénère par-dessus tout et il en fait partie. Comme je le disais, j’avais partagé l’affiche avec lui à deux reprises mais je ne l’avais jamais vu sur le plateau et je ne l’avais croisé qu’au moment des avant-premières sur le tapis rouge… Par conséquent, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. C’est un homme d’une formidable humilité et d’une grande discrétion qui a un vrai esprit d’équipe et une belle générosité dans sa relation aux autres. Il m’a immédiatement mise à l’aise.

Qu’avez-vous pensé des deux jeunes comédiens qui incarnent vos enfants ?

Ils sont formidables. Ils sont arrivés sur le plateau avant Robert et moi et ils ont donc eu le temps de se mettre en condition. Heureusement qu’ils sont très mûrs et très intelligents car Luc travaille vite et ne perd pas de temps à rassurer ses acteurs pendant des heures. J’ai vraiment apprécié de travailler à leurs côtés.

Malavita - Photo : Jessica Forde ©EUROPACORP- TF1 FILMS PRODUCTION – GRIVE PRODUCTIONS

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About Christophe Segard

Mordu de politique, d'économie, de cinéma et de musique. Co-fondateur du Phare Ouest Retrouvez moi dans l’œil du Phare : http://ow.ly/nA5TD

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