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Gravity, le septième ciel cinématographique
Gravity - © Warner Bros

Gravity, le septième ciel cinématographique

C’est l’un des films les plus attendus cette année, explosant déjà des records de box office aux États-Unis. Sandra Bullock et George Clooney nous embarquent dans l’espace, le vide et la solitude.

À 600 km au-dessus de la Terre, la température oscille entre – 100° et + 125° C. Il n’y a rien pour propager le son. Pas de pression atmosphérique. Pas d’oxygène. Toute vie dans l’espace est inconcevable.

Satellites hors d’usage, risquant à tout moment d’endommager du matériel neuf, des stations orbitales. Un réel problème que la NASA a baptisé « syndrome de Kesssler ». Vous avez la base de l’histoire, maintenant vous allez vous affronter seul dans l’espace.

Synopsis

Pour sa première expédition à bord d’une navette spatiale, le docteur Ryan Stone (Sandra Bullock), brillante experte en ingénierie médicale, accompagne l’astronaute chevronné Matt Kowalsky (George Clooney). Mais alors qu’il s’agit apparemment d’une banale sortie dans l’espace, une catastrophe se produit. Lorsque la navette est pulvérisée, Stone et Kowalsky se retrouvent totalement seuls, livrés à eux-mêmes dans l’univers.

Le silence assourdissant autour d’eux leur indique qu’ils ont perdu tout contact avec la Terre — et la moindre chance d’être sauvés. Peu à peu, ils cèdent à la panique, d’autant plus qu’à chaque respiration, ils consomment un peu plus les quelques réserves d’oxygène qu’il leur reste.

Mais c’est peut-être en s’enfonçant plus loin encore dans l’immensité terrifiante de l’espace qu’ils trouveront le moyen de revenir sur Terre…

Dans l’espace

« J’ai toujours été fasciné par l’espace et l’exploration de l’espace« , déclare Alfonso Cuarón, réalisateur, producteur et coscénariste de GRAVITY. « D’un côté, l’idée de s’affranchir de notre bonne vieille Terre est assez mythique et romantique. Mais, de l’autre, ce n’est pas très logique de s’aventurer si haut alors que la vie se trouve sur le plancher des vaches« .

À l’heure actuelle, nombreux sont ceux qui travaillent à des centaines de kilomètres au-dessus de la Terre, en prenant des risques incalculables. Les dangers propres au voyage dans l’espace n’ont cessé de croître depuis que l’homme a décidé de s’aventurer au-delà de l’atmosphère terrestre… et ces dangers sont d’origine humaine. Les déchets issus de missions antérieures et de satellites hors d’usage ont généré d’innombrables débris susceptibles de provoquer une catastrophe en quelques secondes. La NASA a même baptisé le phénomène, le syndrome de Kessler.

David Heyman, producteur du film, ajoute : « C’est un vrai problème. Chaque vis ou bout de ferraille qui a été abandonné ou jeté se retrouve en orbite et lorsqu’ils se percutent, ils créent davantage de débris encore. Cela met en danger la vie des astronautes, les vaisseaux spatiaux, voire les êtres humains sur Terre« .

Dans le rôle du docteur Ryan Stone, qui vit son baptême de l’espace, Sandra Bullock s’est renseignée sur le phénomène auprès d’astronautes : « Je pensais que les astronautes aimaient voyager dans l’espace parce qu’ils avaient le goût du frisson et de l’aventure« , dit-elle. « En discutant avec eux, j’ai été très touchée par leur profond attachement à cet univers et par leur point de vue unique sur la Terre, à partir duquel ils peuvent observer les océans, les chaînes de montagne et les lumières des villes. C’est impressionnant de constater à quel point nous sommes tout petits dans ce vaste univers« .

Gravity - © Warner Bros

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George Clooney, qui partage l’affiche du film avec Sandra Bullock, précise : « J’ai grandi à l’époque de la conquête de l’espace, et je suis vraiment issu de cette génération. J’ai toujours été séduit par l’exploration de l’espace, et suis très impressionné par ceux qui s’y aventurent. Ce sont les derniers grands pionniers« .

Mais cette exploration a entraîné des conséquences. Comme l’indique Sandra Bullock, « C’est terrible de penser que non contents de détruire notre propre planète, nous produisons des déchets, invisibles à l’oeil nu, mais qui tournent en orbite autour de la Terre« .

C’est ce postulat de départ qui donne lieu à un combat acharné pour rester en vie dans GRAVITY, où le spectateur est projeté aux confins de l’espace.

Le film débute au-delà de l’atmosphère terrestre, là même où la navette Explorer est en orbite, dans un silence assourdissant. La scientifique Ryan Stone, attachée à un bras articulé, installe un nouveau dispositif de scan sur le Télescope Hubble. Tandis que l’apesanteur provoque un sentiment de malaise visible chez le docteur Stone, le chef de la mission Matt Kowalski (George Clooney) est, à l’inverse, parfaitement décontracté. Pour son dernier voyage dans l’espace, celui-ci prend le plus grand plaisir à tester un réacteur dorsal ultrasophistiqué qui lui permet de se déplacer librement, sans être retenu par un câble.

À l’autre bout de la Terre, la destruction délibérée d’un satellite hors d’usage a propagé des fragments de métal coupants à travers l’espace qui risquent désormais de heurter brutalement Explorer. L’inévitable impact est catastrophique : il détruit la navette, dont Ryan Stone et Kowalski sont les seuls rescapés. Toute communication avec la mission de contrôle est coupée et, du coup, les deux survivants n’ont plus aucune chance d’être secourus. Livrés à eux-mêmes dans l’univers, Ryan Stone et Kowalski doivent dépasser leurs propres limites et se ressaisir s’ils veulent un jour revenir sur Terre.

Coécrit par Alfonso Cuarón et son fils Jonás, GRAVITY est le fruit de leur première collaboration officielle. « C’est Jonás qui m’a souvent inspiré« , confie le réalisateur. « J’ai été frappé par son sens du rythme dans une situation où la moindre décision peut être fatale et qui s’attache au point de vue d’un seul personnage. Mais dans le même temps, le fait de situer l’intrigue dans l’espace nous a permis d’enrichir la dramaturgie et de multiplier les interprétations métaphoriques« .

Jonás Cuarón acquiesce : « Le contexte de l’espace nous intéressait tous les deux. C’est un lieu où il n’est pas facile de rester en vie, à des milliers de kilomètres de la Terre, si bien que c’était un cadre idéal pour parler de personnages obligés d’affronter l’adversité et de trouver un moyen de rentrer sur notre planète. On voulait aussi que l’histoire soit réaliste, ce qui nous a contraints à entreprendre des recherches approfondies pour mieux connaître l’exploration spatiale et écrire ensuite un scénario crédible« .

Très en amont, Alfonso Cuarón a contacté le producteur David Heyman avec qui il avait collaboré pour HARRY POTTER ET LE PRISONNIER D’AZKABAN. Heyman était enchanté de retravailler avec le cinéaste. « Je me suis senti flatté qu’il me demande de participer au projet« , dit-il. « Alfonso fait partie des grands cinéastes actuels, et son imagination, comme sa créativité, sont infinies. Il inspire son entourage et met en valeur les qualités de ses collaborateurs« .

« Ce qui m’a plu dans le scénario, c’est qu’à certains égards il s’agit d’un film de genre, mais que c’est aussi bien plus que ça« , reprend-il. « Comment passer à côté d’un tel projet ? C’est alors qu’il a fallu se colleter à la réalité du tournage« .

Gravity - © Warner Bros

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Les auteurs n’ont pas tardé à se rendre compte qu’il leur faudrait repousser les limites de la mise en scène traditionnelle pour raconter une histoire qui se déroule intégralement en apesanteur. « Je dois dire que j’ai été un peu naïf car je pensais que le tournage serait beaucoup plus simple« , reconnaît Cuarón. « Certes, j’étais conscient qu’il nous faudrait quelques effets spéciaux, mais ce n’est que lorsqu’on a essayé d’utiliser des techniques traditionnelles que je me suis aperçu qu’on allait devoir mettre au point un dispositif inédit pour réaliser le film tel que je l’envisageais« .

Pour y parvenir, le cinéaste a fait appel au chef-opérateur Emmanuel “Chivo” Lubezki et au superviseur effets visuels Tim Webber, de la société Framestore. « Dès le départ, Chivo, Tim et moi avons souhaité que les plans soient réalistes, à tel point qu’on ait l’impression qu’on s’est contenté de filmer l’espace« , signale Alfonso Cuarón. « Cela aurait été mon rêve, mais, bien entendu, c’était irréalisable« .

En d’autres termes, les auteurs ne voulaient pas d’un univers de science-fiction trop éloigné de la réalité, mais au contraire, ils souhaitaient dépeindre, sans concession, la situation de deux êtres humains coincés dans le lieu le plus hostile à l’humanité.

Mais pour atteindre un tel objectif, la production a dû faire preuve d’inventivité.

Les auteurs ont donc mis au point plusieurs systèmes pour créer l’illusion que les acteurs sont bel et bien dans l’espace de manière à la fois convaincante et réaliste.

Webber a suggéré au réalisateur qu’il fallait imaginer un environnement entièrement virtuel. Alfonso Cuarón s’explique : « Au départ, j’étais sceptique, car je voulais utiliser des décors en dur autant que possible. Mais après avoir testé plusieurs techniques, il est apparu que Tim avait raison« .

Par conséquent, GRAVITY mêle prises de vue réelles, animation informatique et infographie. C’est ainsi que l’équipe technique a numérisé les décors, les arrière-plans et les costumes.

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Mais pour donner le sentiment que le film se déroule dans l’espace, il était surtout primordial de créer l’illusion de l’apesanteur. Étant donné le goût du cinéaste pour les plans-séquences, le recours habituel aux câbles était exclu, tout comme l’utilisation d’un vol parabolique : il s’agit d’un avion baptisé « vomit comet » qui prend de l’altitude, puis redescend en piqué, ce qui crée une situation de microgravité pendant quelques secondes. « Avec les câbles, on voit que l’acteur fait un effort car il est encore retenu par la gravité« , note le réalisateur. « Et la ‘vomit comet’ ne fonctionne que pour des plans très brefs, et encore, tout le monde ne la supporte pas très bien« .

La production a donc fait appel à des techniques révolutionnaires pour plonger les personnages – et le spectateur – dans l’espace intergalactique. Certes, des câblages ont été utilisés, mais le superviseur Effets visuels Neil Corbould et son équipe ont mis au point un système d’une douzaine de câbles qui, avec l’aide de marionnettistes, a créé l’illusion que Sandra Bullock « flottait » pour certaines scènes.

Pour d’autres séquences, les comédiens étaient attachés à des dispositifs capables de les faire pivoter ou de les incliner à des degrés divers. Cuarón et Lubezki ont également tourné des plans audacieux en fixant la caméra à des bras robotisés, semblables à ceux utilisés dans l’industrie automobile.

Le dispositif le plus ingénieux mis au point par Lubezki et Webber est sans doute la « Light Box » : il s’agit d’une sorte de cube creux, dont les parois intérieures sont constituées de larges panneaux munis de minuscules lampes LED. Comme son nom l’indique, le but de la Light Box consiste à éclairer un comédien avec précision, y compris, par exemple, dans la scène captivante où Ryan tournoie dans l’espace sans pouvoir se stabiliser. Avec un éclairage traditionnel, cet effet n’aurait pas été concevable.

Les lampes, les caméras fixées sur des bras robotisés et les systèmes de rotation ont pu être activés de manière synchrone grâce à des ordinateurs, permettant à Cuarón et à son équipe de faire pivoter l’univers, pour ainsi dire, autour des acteurs et créant ainsi l’illusion que ce sont les personnages qui se déplacent à travers l’univers.

Gravity - © Warner Bros

Gravity – © Warner Bros

D’entrée de jeu, GRAVITY a été conçu comme un film en 3D. Jonás Cuarón souligne : « Dès le départ, on voulait tourner ce film en 3D car il nous semblait essentiel que le spectateur se sente immergé dans l’espace, comme dans l’histoire« .

« Pour autant« , nuance le réalisateur, « il ne s’agissait pas d’abuser d’effets jaillissants sous prétexte de tourner en 3D. On a essayé d’être subtil… pour donner le sentiment au spectateur qu’il participe au voyage« .

En dépit des avancées technologiques mises au point pour GRAVITY, c’est le parcours personnel des personnages – et notamment de Ryan, seule pendant l’essentiel du film – qui comptait le plus aux yeux des auteurs.

« Je crois que le film parle de ce qui nous motive à prendre sur nous lorsqu’on a le sentiment qu’il n’y a plus d’espoir« , signale Sandra Bullock. « Qu’est-ce qui nous pousse à faire un effort supplémentaire, au cas où cela en vaudrait la peine ?« 

« Au début de l’histoire, cette femme, qui a perdu un enfant, ne laisse plus aucune place à l’émotion« , renchérit Heyman. « Et puis, elle redécouvre une raison de vivre et se bat pour rester en vie« .

« Pour nous, GRAVITY ne parle pas seulement de la pesanteur qui retient l’être humain, mais surtout de ce qui nous rattache à nos racines« , ajoute Jonás Cuarón.

« Tout le film est ponctué de plans magnifiques de la Terre, montrée comme le berceau de toute vie« , signale le cinéaste. « Et au-dessus de la Terre, une femme, totalement déracinée, flotte dans l’espace. Nous voulions explorer le potentiel métaphorique d’un personnage perdu dans l’espace qui s’enfonce dans l’univers, victime de sa propre force d’inertie, et qui s’éloigne de plus en plus de la Terre, où se concentrent l’élan vital et les rapports humains. Au-delà des effets et des technologies, il était essentiel que le combat de Ryan apparaisse comme l’allégorie d’un être qui doit surmonter l’adversité et traverser les épreuves de la vie. Car la trajectoire de Ryan est celle d’une renaissance« .

Date de sortie : 23 octobre 2013, (1h 30min)
Réalisé par : Alfonso Cuarón
Avec : Sandra Bullock, George Clooney, Ed Harris
Genre : Science fiction
Nationalité : Américain , britannique

C’est l’un des films les plus attendus cette année, explosant déjà des records de box office aux États-Unis. Sandra Bullock et George Clooney nous embarquent dans l’espace, le vide et la solitude. À 600 km au-dessus de la Terre, la température oscille entre – 100° et + 125° C. Il n’y a rien pour propager …

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Note Moyenne

Summary : Vous avez la base de l'histoire, maintenant vous allez vous affronter seul dans l'espace.

98

About Christophe Segard

Mordu de politique, d'économie, de cinéma et de musique. Co-fondateur du Phare Ouest Retrouvez moi dans l’œil du Phare : http://ow.ly/nA5TD

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