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Webdoc Yann le pêcheur. Les auteurs vous en disent plus sur le projet

Webdoc Yann le pêcheur. Les auteurs vous en disent plus sur le projet

Florent Bouchardeau et Cécile Andrieu ont suivi pendant plusieurs mois, Yann, le plus jeune pêcheur du port du Diben, à Plougasnou (29). Recherche de subventions, crowndfunding, réalisation, montage et enfin diffusion. Autant d’étapes qu’ils avaient plus ou moins bien anticipées. Au final, le résultat est là : Yann le pêcheur, webdocumentaire 100% breton.

Le Phare Ouest : Comment est née l’idée de ce webdocumentaire ?

Florent Bouchardeau : Personnellement, j’étais en recherche de nouveaux projets. Je cherchais une histoire à raconter autour du port du Diben. Avec Cécile, nous sommes des amis d’enfance. On passe tous nos étés à Plougasnou. Donc, quand je lui ai évoqué le projet, elle a tout de suite été partante. On a traîné un peu sur le port et après quelques refus polis, on est tombé sur Yann. Il s’est avéré être le plus jeune pêcheur du port. Après, on a juste suivi l’histoire.

Justement, l’idée de base ce n’était pas du tout une production aussi conséquente.

Pas du tout. On partait sur un petit diaporama sonore, quelque chose de sympa à faire et pas trop compliqué. Mais, très rapidement on s’est rendu compte qu’il y avait un gros potentiel. Dans le personnage et dans le sujet abordé. On a donc décidé d’élargir sur la pêche en mer en général. Le défi c’était de raconter cette histoire et de faire en sorte que ça n’intéresse pas que les bretons.

L'équipe de Yann le pêcheur

L’équipe de Yann le pêcheur / Cécile Andrieu et Florent Bouchardeau

Le projet prenant de l’ampleur, le budget associé n’était plus le même. Comment s’est déroulé cet aspect du travail ?

C’était vraiment quelque chose qu’aucun de nous maîtrisait. Les demandes de subventions, les business plan, le montage de plans financiers. Cette expérience nous a vraiment appris les rouages des institutions. Concernant le budget, on est parti sur une enveloppe de 20.000 €. Qui devait nous financer le matériel, le déplacement, le montage etc. L’idée c’était de rentrer dans nos frais.

A 23 ans, Yann est le plus jeune pêcheur du port du Diben, à Plougasnou en Finistère nord. Depuis qu’il est gamin, il ne rêve que de cette vie là. Une fois embarqués sur le webdoc, vous allez vous lever à 4 heures du matin avec lui, vous allez remonter les chaluts avec lui, vous allez vider du poisson avec lui (même si vous trouvez ça un peu sale), vous allez discuter pêche durable avec lui (et ça va vous intéresser).

20.000 €, c’est une somme conséquente. Pourtant en à peine un an, le projet était bouclé.

Oui et nous avons travaillé en dilettante sur le sujet. Chacun un emploi à coté. Mais au final tout s’est bien déroulé. Nous avons eu des subventions de l’Europe, de Morlaix Communauté, de Plougasnou.  Et puis nous avons aussi utilisé le crowndfunding, via le plate forme de financement participatif Octopousse.  (NDLR : rachetée depuis par Ulule)

Détail des subventions

Détail des subventions

  • 7500 € de Morlaix Communauté 7700 € du fond européen Leader

  • 2100 € de la campagne de crowdfunding d’Octopousse

  • 500 € de Terre et Mer qui nous a acheté l’expo photo
  • 1300 € de fonds propres de l’asso La Pile D’assiettes

Une méthode qui vous a aussi permis de faire connaître le projet…

Effectivement. La collecte est arrivée à son terme nous avons obtenu 2100 € . Cela a contribué à populariser le projet sur la toile.

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Yann, le plus jeune pêcheur du port du Diben. (29) Crédit Photo : F. Bouchardeau/C.Andrieu

Détaillez-nous votre rencontre avec Yann.

Avec Yann, nous avons progressé progressivement. On ne voulait pas l’effrayer en imposant plusieurs interviews, en se montrant trop enthousiastes. On a d’abord fait plusieurs prises, sur le port, pour conserver l’ambiance. Ensuite, c’est grâce à Yannick, le patron de Yann. Il nous a autorisé à embarquer pour une sortie en mer. En une journée, on a récolté quasiment 50% du contenu du webdoc’.

C’était une étape indispensable, notamment pour s’imprégner du métier ?

Oui, départ 4 heures du matin, en pleine nuit, l’odeur de fioul très présente, le bateau qui va lentement. On a vraiment ressenti toute cette atmosphère et essayé de la retransmettre de la meilleur manière. ( Le Phare s’est engagé à ne pas révéler que les deux auteurs, malgré leurs pieds marins, ont succombé au mal de mer. «  Une fois seulement et rapidement », précise Florent.)

Comment avez vous pensé la narration de ce webdocumentaire ?
On est parti du principe de rendre chacune de nos séquences quasiment indépendantes. Que le visiteur puisse regarder à loisir un ou plusieurs chapitres, sans être obligé de commencer au début. Donc, il a fallu construire chacune des parties de façon à ce qu’elles puissent coexister, indépendamment les unes des autres. Globalement, on voulait quelques choses de simple, axé autour de la vidéo et de l’infographie.

Concernant la réalisation proprement dite, pourquoi s’être tourné vers Djehouti ?
J’avais choisi la plateforme dès le début, car je la connaissais bien. L’avantage c’est que l’on peut proposer quelque chose de très propre sans avoir la moindre connaissance en programmation.

Le webdoc, c’est de la haute couture. Et il faut que ça s’adapte au prêt à porter.

Mais qui a le désavantage d’être relativement lourde, dans son chargement et dans sa mise en œuvre ?
Avec du recul, il y effectivement pas mal de défauts sur lesquels on reviendraient. Notamment le fait d’avoir des vidéos mieux cadrées, plus soignées. Mais c’était aussi ça, le pari de réaliser ça à deux. A un moment, même si le système final a quelques lenteurs, il fallait que ça sorte., d’une manière ou d’un autre.

Sur le webdocumentaire en général, Yann le pêcheur a été entièrement financé par des subventions et le dons des internautes. Aucun média n’a mis de l’argent dans le projet. C’était quelque chose dont vous étiez conscient ? La difficulté de vendre ce type de production ?
Oui évidemment. Avant même de commencer on savait que ça ne se vendrait pas. D’un côté je comprends la frilosité des rédactions web, qui n’y voit pas leur intérêt. Mais je pense qu’il y un avenir pour le webdocumentaire. Mais d’une manière plus courte. Ce que je veux dire, c’est qu’il faut développer une culture de la «  pige web ». On pourrait proposer un packaging vidéo/son ou vidéo/photo. De la même manière que l’on propose un sujet papier ou tv. Pour moi, le webdoc, c’est de la haute couture. Et il faut que ça s’adapte au prêt à porter.

Pour accéder au webdocumentaire, cliquez sur l’image :

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About Anthony Fouchard

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