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Le Canal de Nantes à Brest, 360 kilomètres pour découvrir la Bretagne

Le Canal de Nantes à Brest, 360 kilomètres pour découvrir la Bretagne

Cinq départements, cinq rivières, 238 écluses et 360 kilomètres, partez à la découverte de la Bretagne intérieure avec Le Phare Ouest.

De l’écluse Saint-Félix, à Nantes, à celle de Guilly Glas, à Brest, nous allons parcourir les nombreux kilomètres jalonnés de sites magnifiques. Que l’on soit à vélo ou à pied, de nombreuses balades vous permettront de découvrir la Bretagne intérieure avec ses cités de caractères, ses abbayes et bien évidemment ses écluses.

Avant de commencer le parcours

Sachez que le Canal de Nantes à Brest date du début du XIXe siècle bien que l’idée d’ouvrir un canal de navigation à travers la Bretagne date du XVIe siècle.
Le principal intérêt de ce canal était de permettre le développement du Centre-Bretagne, autrefois appelé « la Sibérie Bretonne ».
C’est en 1806 que les travaux débutent à Nantes, mais ils ne prendront vraiment de l’ampleur qu’en 1811. En effet c’est à cette date que Napoléon autorise l’emploi de prisonniers de guerre et condamnés réunis en bataillons, cela permit de commencer la construction par les deux bouts, un bataillon partant de Brest et l’autre de Nantes.

Il aura fallu 25 ans de travaux pour permettre, en 1836, l’ouverture à la navigation de deux tronçons du canal, celui allant de Nantes à Redon et celui de Brest à Carhaix. La totalité du canal sera ouverte à la navigation le 1er janvier 1842 mais l’inauguration par Napoléon III ne sera faite qu’en 1858.

Canal de Nantes à Brest - Malestroit | © Le Houerou MaudL’ouverture du canal permit l’essor de nombreuses activités, notamment de l’industrie ardoisière. Les marchandises transportées par voie fluviale augmentent considérablement, elles passent de 10 000 tonnes en 1859 à près de 174 000 tonnes en 1911.
Dans les années 1910, le déclin du canal commence à se faire sentir. Les chemins de fer se sont développés, les routes également mais c’est surtout la construction du barrage hydroélectrique de Guerlédan en 1923 qui va mettre en berne le trafic du canal.
Depuis, l’aspect commercial et industriel du Canal de Nantes à Brest s’est transformé en un atout touristique pour la région. Lors de vos promenades le long du canal, sur le chemin du halage, vous ne rencontrerez plus de gabares ou chalands mais de nombreux pêcheurs, kayakistes et plaisanciers passant les écluses ou promeneurs et sportifs profitant du calme du canal.
Le parcours du Canal de Nantes à Brest à permis de relier cinq rivières : l’Erdre, l’Isac, l’Oust, le Blavet et l’Aulne.

En Loire-Atlantique

Ville départ du Canal, Nantes a vu la première écluse être mise en fonction en 1928, l’écluse Saint-Félix, du nom du seizième évêque de Nantes en Vie siècle.

Le tronçon de canal en Loire-Atlantique parcourt 95 kilomètres, il est entrecoupé de 18 écluses allant de l’écluse Saint-Félix à Nantes jusqu’à l’écluse de la Digue à Redon. Entre la première et la deuxième écluse, vous naviguerez sur l’Erdre, ensuite vous passerez sur l’Isac, jusqu’à Redon

Canal de Nantes à Brest - Héric - Bout-de-Bois | © Wikimedia Commons User PymoussSur ce tronçon on peut trouver le premier bief de partage du canal, le Grand Bief également appelé Bief de Bout-de-Bois. Un bief est une portion de canal relié par deux écluses, un bief de partage, la portion culminante d’un canal.
Le Grand Bief culmine à 20 mètre d’altitude, il est long de 8,4 kilomètre, il relie la 7e écluse, le Pas d’Héric à la 8e écluse du parcours, celle de la Remaudais.

En Ille et Vilaine

Arrivé à Redon, vous pourrez découvrir le pont tournant, les maisons d’armateurs sur les rives du canal ou encore le Vieux Pont. En vous éloignant du canal, vous trouverez également l’Abbaye Saint-Sauveur abritant désormais un lycée, l’abbatial Saint-Sauveur détruit par un incendie en 1780, l’Ancien couvent des Calvairiennes fondé en 1629 par des bénédictines, le Manoir du Mail datant du XVIIe siècle ou encore les hôtels de Richelieu, de style Renaissance, et de Carmoy, de style Louis XIII.

Canal de Nantes à Brest -Quai Duguay-Trouin - Redon | © Lambart Norbert

Canal de Nantes à Brest -Quai Duguay-Trouin – Redon | © Lambart Norbert

En Morbihan

Une fois sortie de Redon, vous voila dans le Morbihan, première ville que vous traverserez : Malestroit.

Cette petite cité de caractère, construite sur les rives de l’Oust, a gardé de nombreux clins d’œil à sa vie passée, sculptures amusantes ou provocantes datant du moyen âge, traces d’activité artisanales et commerciales en bord de canal ou encore des vestiges du passé historique et religieux lorsque cette cité faisait partie intégrante des étapes du chemin de pèlerinage jusqu’à Saint-Jacques de Compostelle. Durant l’été, venez partager avec tous les Malestroyen(ne)s les fêtes du Canal, soirées rythmées au son des binious et cornemuses sur les rives de l’Oust.

Durant de nombreux kilomètres, jusqu’à la ville de Rohan, cette portion canal se confond avec l’Oust.

Canal de Nantes à Brest - Rohan | © Loïc LehuenRohan est une commune toute jeune, elle est née en 1994 à la suite de la fusion entre les communes de St-Samson et de St-Gouvry. Mais son histoire remonte bien plus loin, la charte de fondation du prieuré de Rohan date de 1127. À cette époque s’installe le cadet de la famille Porhoët, qui bâtira une forteresse sur les rives de l’Oust et donnera le nom de Rohan en raison de l’éperon rocheux présent sur ces terres, le Roc’han, signifiant le petit rocher en Breton. La petite cité devint alors le vicomté de Rohan, puis en 1603 le duché de Rohan.

En quittant Rohan, vous quitterez également les rives de l’Oust pour parcourir les eaux du Blavet.

Au bout de quelques kilomètres, vous entrerez dans Pontivy. Le nom de cette ville vient du Breton « Pond Ivy » en rapport avec le moine fondateur de la ville au VIIe siècle, Saint-Ivy, qui fera construire un pont (« pond » en Breton) traversant le Blavet.
Pontivy - Notre-Dame-de-Joie | © RhianPontivy garde un patrimoine architectural important, dont 18 lieux classés Monuments Historiques. Vous pourrez y découvrir le château des Rohan, datant du XVe siècle, la basilique Notre-Dame-de-Joie, la chapelle Saint-Ivy du XVIIIe siècle ou encore parcourir le vieux quartier pour y admirer l’architecture médiévale ou l’architecture Napoléonville autour de l’ancienne place d’armes. En vous promenant dans le centre-ville de Pontivy vous pourrez également y trouver de nombreuses maisons à colombages datant du moyen âge et de la renaissance.

Si vous continuez en bateau, vous ne pourrez aller beaucoup plus loin. À quelques kilomètres de la sortie de Pontivy, vous entrez sur les terres de Saint-Aignan, dernière ville Morbihannaise du canal, vous arrivez également au barrage de Guerlédan.

En Côtes d’Armor

Le lac de Guerlédan et son barrage date de 1930, il est situé à cheval sur les départements des Côtes d’Armor et du Morbihan. La création de ce barrage hydroélectrique a entrainé la formation du lac, ce qui a englouti 17 écluses du canal et rendu impossible le transport de marchandises d’une seule traite entre Brest et Nantes par chalands.

Lac de Guerlédan | © Wikimedia Commons User Pilot'22

Lac de Guerlédan | © Wikimedia Commons User Pilot’22

Le lac est devenu un lieu touristique qui possède de nombreuses balades à faire à pied, à vélo ou à cheval. La base nautique propose de nombreuses activités comme la voile, le kayak, un rocher d’escalade a été également aménagé en face de la base.

À partir des années 50, le lac était asséché tous les dix ans. Cela permettais à de nombreux touristes et curieux de découvrir les maisons, jardins et écluses qui ont été englouties. La technologie a permis de s’affranchir de cette vidange, prévue pour contrôler l’état du barrage dans sa totalité mais il arrive encore que la vidange totale soit faite, la dernière remonte à 1985, et la prochaine aura lieu en 2015.

Au bout des 12 kilomètres de long du lac, vous retrouverez les eaux plus calmes du canal. Vous arriverez sur la commune de Saint-Gelven, abritant une des abbayes les plus connue de Bretagne, l’Abbaye de Bon Repos.

Inscrite au rang de Monument Historique depuis 1940, l’abbaye a été fondée en 1184. Prospère jusqu’au XVIe siècle, l’abbaye connait une période de déchéance qui la laissera en ruine en 1683. En 1789, elle sera de nouveau laisser à l’abandon, les quatre moines ayant décidé de fuir pour leur sécurité suite à la révolution Française. Les révolutionnaires la vendront à un tisserant, alors maire de Rostrenen, qui la transformera en usine textile. Elle sera ensuite pillée et servira d’abris pour les Chouans puis les constructeurs du canal.

En 1986 l’abbaye n’est plus que ruines mais l’association des Compagnons de l’Abbaye de Bon Repos commence l’énorme travail de rénovation. Depuis, chaque été, elle est le décor d’un spectacle son et lumière, une fresque historique qui vous hypnotisera durant deux heures.

Canal de Nantes à Brest - Vue sur l'Abbaye de Bon-Repos | © Guillaudeau Donatienne

Canal de Nantes à Brest – Vue sur l’Abbaye de Bon-Repos | © Guillaudeau Donatienne

En Finistère

En continuant de suivre le canal, vous ne tarderez pas à arriver en terres Finistériennes.
Vous passerez à proximité de Carhaix, bien connu pour le festival de Vieilles Charrues durant le mois de juillet.
Vous changerez également de rivière, du Blavet vous passerez sur l’Aulne.

La ville de Châteauneuf-du-Faou, sur les rives du canal, possède de nombreux monuments civils et religieux. L’église Saint-Julien et Notre-Dame actuelle date du XVIIIe siècle, vous y trouverez de nombreuses peintures murales de Paul Sérusier datées de 1914 à 1919. L’actuelle chapelle Notre-Dame des Portes datant de 1892 mêle les styles néoroman et néogothique, elle a été construite puis détruite à plusieurs reprises. Vous pourrez également découvrir la chapelle Saint-Ruelin du Moustoir, les fontaines Saint-Jean-Batiste (souterraine) et Saint-Maudez et des croix et calvaires datant du XVe siècle. Le nom de Châteauneuf-du-Faou est récent, il date de 1958, auparavant, la ville s’appellait simplement Châteauneuf. La portion de canal faisant partie de la commune possède dix écluses.

Canal de Nantes à Brest - Châteauneuf-du-Faou - Le Pont du Roy | © Moreau Henri

Canal de Nantes à Brest – Châteauneuf-du-Faou – Le Pont du Roy | © Moreau Henri

Du château qui donna son nom à la commune il ne reste que des pans de murs et la base d’une tour dominant l’Aulne. L’Aulne canalisée possède un magnifique pont appelé Pont du Roy, d’une longueur totale de 78 mètres. Une des arches d’origine sera amputée, trop basse pour laisser passer les péniches.
À proximité des rives pour pourrez parcourir le site de Penn ar Pont, une maison datant du XVIIe siècle, la maison éclusière du Bizernig ou encore le château de Trévarez.

En sortant de Châteauneuf-du-Faou, vous entrerez dans le Parc Naturel Régional d’Armorique, qui englobe la fin du Canal de Nantes à Brest.
Le parc compte une superficie de 125 000 hectares divisés en quatre territoires : les îles de la mer d’Iroise, la presqu’île de Crozon, l’Aulne Maritime et les Monts d’Arrée, le territoire s’étend de Châteauneuf-du-Faou à Brest puis Landivisiau et enfin Carhaix.

L’Aulne maritime est le dernier tronçon du Canal de Nantes à Brest. De nombreuses gabares ont empruntés ce fleuve pour amener les marchandises par le canal, les dernières furent chargées de sables, elles étaient baptisée « La Fée de l’Aulne » et la « Notre-Dame de Rumengol ». Jusque dans les années 1930 des navettes régulières parcourais deux fois par semaine le fleuve entre la rade de Brest et Port-Launay, le « Vapeur Brestois ».

La vallée de l’Aulne abrite un cimetière de navires, le lieu fut choisi en 1840. Une épave est toujours sous l’eau à l’heure actuelle, il s’agit du bateau-école « L’Armorique » qui fut sabordé par les allemands en 1944.

Le trajet était très long lorsqu’il était fait à pied, aucun pont ne permettait de traverser le fleuve et les détours étaient nombreux. En 1925, un pont fut construit, il s’agit du pont de Terenez, le dernier pont de l’Aulne, il permit de réduit significativement le trajet entre la rade de Brest et la presqu’île de Crozon. Il fut détruit pendant la guerre, puis reconstruit en 1951 et finalement remplacé par un pont à haubans en 2011.

Canal de Nantes à Brest - Port-Launay - Le viaduc ferroviaire vu depuis l'écluse de Guili-Glaz | © Moreau Henri

Canal de Nantes à Brest – Port-Launay – Le viaduc ferroviaire vu depuis l’écluse de Guili-Glaz | © Moreau Henri

La dernière écluse du Canal de Nantes à Brest était celle de Guily-Glaz. Elle a depuis été remplacée par un barrage mobile permettant d’atténuer les crues de l’Aulne. En quittant Port-Launay vous arrivez dans la rade de Brest.

About Nolwenn Nedelec

Présidente de l'association AHJV France, journaliste pour Le Phare Ouest. Passionnée de cinéma, littérature, musique... Bref la culture en général.

8 Commentaire(s)

  1. Merci pour ce bel article sur le canal de Nantes à Brest!
    Je vous invite également à aller parcourir et découvrir le Blavet, ou encore le canal d’Ille et Rance et la Vilaine.
    à bientôt sur les canaux bretons!

  2. OUI merci sur pour ce bel article qui donne envie de parcourir ce bel ouvrage historique. Je pense qu’il meriterait d’etre inscrit aux monuments historiques. C’est une prouesse technique humaine qui ne doit surtout pas tomber dans l’oubli.
    Mais pourquoi dans tous ces beaux reportages et livres edites sur le canal, a chaque fois le troncon des Cotes d’Armor est toujours ausssi peu riche en information, mise a part le Lac de Guerledan, l’abbaye de Bon repos ou Chateauneuf du Faou. Il y a plein d’autres jolis coins a visiter et des ecluses.
    He ! oui, mais il faut savoir que cette portion du canal a ete declassee de voies navigables a voies fluviales. Alors le Conseil General a la charge de l’entretien des ecluses, des berges et du canal , mais pas des batiments qui appartiennent toujours a l’Etat, qui il faut bien le dire, les a laisse a l’abandon depuis plus 20 ans.
    Mais si on va du cote du Finistere, qui est dans la meme situation, la des travaux sont fait, pour permettre a nouveau la navigation, et entretenir les batiments qui servent a faire des animations pour le touriste et la population locale et creer ainsi une nouvelle vie sur le canal.
    Qu’attend donc le Conseil General des Cotes d’Armor pour en faire autant ??
    Ce canal est atout formidable pour developper le tourisme en Centre Bretagne. Alors les Bretons reagissez !
    A bientot sur les canaux Bretons de Cotes d’Armor.

  3. Bonjour
    une superbe balade au fil de l’eau que je permets de partager .
    Bonne journée

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