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Les « bonnets rouges » déposés en tant que marque par Armox-Lux … et un groupe d’extrême droite

Les « bonnets rouges » déposés en tant que marque par Armox-Lux … et un groupe d’extrême droite

Le mouvement des « Bonnets rouges » a donné des idées à l’association d’extrême droite Réseau identités, qui a déposé la marque dans le domaine des télécommunications mais également  à la société Armor Lux, qui l’a déposée dans le domaine de l’habillement.

« Suivez l’actualité sociale avec le nouveau site Bonnets-rouges.org », a annoncé sur son site internet l’association d’extrême droite bretonne, Réseau Identités, qui révèle que « la marque Bonnets Rouges a en effet été déposée à l’INPI par le Réseau identités à la fin du mois d’octobre, afin d’éviter les récupérations et les sectarisations des luttes sociales et des révoltes actuellement en cours en Bretagne et se développant dans d’autres régions. »

Le réseau a déposé « Bonnets rouges » dans le domaine des télécommunications (téléphonie, internet), de la publicité ou encore des livres. Un site internet a été crée dans la foulée. On ne peut s’empêcher de sourire à l’évocation de l’argument « contre la récupération politique » quant on constate qu’un groupe Facebook nommé « Contre l’Etat PS et pour les libertés régionales » est affilié au site internet et dont l’URL personnalisée n’est autre que « MaîtresChezNous ». Les publications de l’association sur le réseau reste relativement modéré.

Mais si l’on creuse un tout petit peu, on constate que la majorité des liens partagés proviennent du site -peu-connu- Breizh-Info. Le pure-player se revendique neutre et souhaite traiter l’information bretonne et internationale. (Mazette, comme votre serviteur) Mais quelle surprise, lorsque l’on souhaite vérifier qui sont donc les journalistes qui collaborent à ce média novateur. On trouve alors pêle-mêle, Yann Vallerie, identitaire breton, fondateur du mouvement Jeune Bretagne, qui est présenté comme un journaliste collaborateur. Expériences : Novopress et War Raok

Sur les réseaux sociaux et notamment sur Flickr, on découvre des images comme celle-ci :
Également cité, Louis-Benoît Greffe, fondateur du Breizh Journal, un média qui a surfé sur la vague de la médiatisation des violences à Notre-Dame-des-Landes pour faire circuler des idées d’extrêmes.
Bizarrement, aucune trace de Richard Roudier, président du Réseau Identité, qui a pourtant déposé le nom de domaine du site, comme le prouve cette simple requête Whois.
Requête Whois sur le domaine bonnets-rouges.org

Requête Whois sur le domaine bonnets-rouges.org

L’entreprise bretonne Armor Lux, qui a fourni les célèbres bonnets aux manifestants bretons contre l’écotaxe et les plans sociaux, a elle déposé par la suite la marque « Les Bonnets rouges » dans le domaine des vêtements, le 31 octobre dernier.

Crédit photo : Capture d'écran du site de l'INPI

Crédit photo : Capture d’écran du site de l’INPI

Christian Troadec dénonce une récupération

Réseau Identité argue que sa démarche n’a pour but que d’éviter la récupération politique. Pourtant, on voit mal de quoi il pourrait s’agir d’autre, de la part des identitaires. Christian Troadec, le maire de Carhaix, leader du mouvement des bonnets rouges, s’est confié à nos confrères de Oues-France : « Nous avons rédigé une charte vantant l’humanisme et le partage. Bonnet rouge, ce n’est pas un marqueur fasciste. Que Réseau identités dépose une marque est scandaleux ! » a t-il déclaré.

La marque validée au bout de « 5 à 6 mois » de procédure

Une porte-parole de l’Inpi, interrogée par l’AFP, a souligné que la règle est qu’une « marque n’appartiendra au déposant que lorsqu’elle sera enregistrée à l’issue de la procédure« . Cette procédure administrative basée sur le code de la propriété intellectuelle prend de cinq à six mois et c’est seulement à l’issue que l’enregistrement de la marque est validé ou non.
Selon l’Inpi, le dépôt d’une marque est libre et il est donc possible de déposer un nom de marque existant ou proche d’un nom existant. L’institut précise qu’il vaut mieux vérifier auparavant qu’il n’y a pas de concurrence qui pourrait entraîner des litiges juridiques avec un détenteur de marque dans le même domaine concurrentiel.

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