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Légende de Bretagne : Arthur et les chevaliers de la Table Ronde

Légende de Bretagne : Arthur et les chevaliers de la Table Ronde

Dès les premiers temps de son règne, Arthur se fit guider par Merlin. Pour chaque décision, chaque bataille, Merlin resta à ses côtés, l’aidant de ses pouvoirs.

Lorsque Merlin demanda à Arthur d’organiser un grand dîner rassemblant tous les hommes importants de son royaume, il n’y vit aucun inconvénient. Même s’il ne comprenait pas toujours les desseins de Merlin.
Lors de ce dîner, Merlin amusa tout le monde avec de petits tours de magie. À la fin, il voulu raconter une histoire. Une fois tous les invités rassemblés, il commença. Chacun se rendit compte qu’il avait déjà entendu parler de cette quête dont Merlin contait l’aventure.
L’objet de cette quête n’était rien d’autre que le Graal !

Cette coupe légendaire attirait beaucoup d’aventuriers, et les invités qui écoutaient Merlin se prirent d’une folle envie de la retrouver. Pourtant Merlin savait déjà combien d’entre eux pourraient prétendre à cette quête. Merlin terminait son récit ainsi : « il est écrit que le roi Arthur doit établir ici même une table, qui sera ronde pour signifier que tous ceux qui devront s’y asseoir ne jouiront d’aucune préséance. À la droite du roi demeurera toujours un siège vide, en mémoire du Christ. Qui se risquerait de le prendre, sans être l’élu, serait puni de mort, car il est réservé au Chevalier qui aura conquis le Graal. »

Arthur et les chevaliers de La Table Ronde - l'apparition du GraalC’est alors que la magnifique Table Ronde apparu au centre de la pièce. Autour d’elle se trouvaient 150 sièges. Après le moment de surprises des convives, tous voulurent s’asseoir à la Table. Mais ils découvrirent vite que chaque siège était déjà réservé, car ils portaient tous une gravure annonçant le nom des chevaliers : les 150 Chevaliers de la Table Ronde furent ainsi connus.
Chacun des chevaliers prirent le temps de dire le serment solennel qui les reliraient tous les uns aux autres jusqu’à la mort : « Que jamais Dame, Damoiselle ou Homme ne viendrait demander aide à la cour sans l’obtenir, et que, si l’un des chevaliers présents disparaissait, les autres, tour à tour, se mettraient sans trêve à sa recherche, pendant un an et un jour ».

Dans toutes les histoires de la Table Ronde, cinq hommes parmi les nombreux chevaliers sortent du lot. Chacun avec une histoire et une personnalité différente, tous ont accompli des actes de bravoure et de courage.

Perceval, chevalier de père en fils

Brocéliande | © Berthier EmmanuelLa mère de Perceval a épousé un chevalier, ils ont eu ensemble quatre enfants, dont Perceval est le cadet.
Ayant perdu trois de ces enfants et son mari au combat, la mère de Perceval qui était encore un bébé, décide qu’il ne suivra pas cette voie. Pour cela, elle l’emmène vivre dans une profonde forêt. Dans cet isolement choisi, Perceval grandira dans l’ignorance totale de la chevalerie.
À l’aube de ses quinze ans Perceval jouait dans la forêt, son javelot s’éloigna plus qu’il ne le pensait. En partant à sa recherche il traversa un chemin, mais une grande lumière le fit s’arrêter. Il essaya de voir d’où venait cette éclatante lumière quand il vit cinq cavaliers. Le soleil se reflétait magnifiquement sur les armures des inconnus. N’ayant jamais vu d’homme en armure auparavant, Perceval, que son enfance isolée avait rendu naïf, les prit pour des anges.

Après quelques rires étouffés, les cavaliers descendirent de cheval et enfin Perceval les vit tel qu’ils étaient : des chevaliers du roi Arthur. Ils restèrent quelques instants discuter avec le jeune homme, qui en oublia complètement son javelot perdu. Quand Perceval demanda quel était leur rôle en tant que chevalier, il resta ébahi en entendant la réponse, il sut à ce moment qu’il deviendrait chevalier, peut importait les sacrifices qu’il devrait faire.

Quand il rentra chez lui, il parla à sa mère de cette rencontre. Elle essaya de toutes ses forces de l’empêcher de partir à la suite des chevaliers mais rien n’y fit, il prit quelques affaires et partit sur le chemin menant à Camelot, sous le regard plein de larmes de sa mère.
Arrivé dans la cité du roi, Perceval se renseigna sur la façon de devenir un chevalier. Ses questions finirent par arriver aux oreilles d’Arthur qui parti à sa rencontre. Le roi mit une épée entre les mains de Perceval et l’entraina au centre d’un regroupement de chevaliers. Le jeune homme était impressionné d’être entouré d’autant de chevaliers, jusqu’au moment où Arthur demanda aux chevaliers de voir ce qu’il valait en combat à l’épée. À la surprise générale, Perceval s’en sorti sans trop d’égratignures et chacun des chevaliers l’ayant testé était d’accord, Perceval avait assez d’adresse, de force et de courage pour être chevalier.
Quelques jours plus tard, le jeune Perceval passa devant le roi Arthur, qui de son épée l’adouba. Il était devenu chevalier du roi et peu de temps après il fut connu comme Perceval, chevalier de la Table Ronde.

Yvain, entre chevalerie et amour inattendu

L’enfance d’Yvain fut entourée de chevalerie. Il est le fils de Morgane et du roi Urien, d’abord rebelle au début du règne d’Arthur, il en devint finalement un de ses alliés les plus fidèles.
Yvain rejoignit rapidement le château de Camelot pour en devenir un des meilleurs chevaliers. Par un beau matin, il décida de quitter la cour d’Arthur pour connaître ses premières aventures. Comme tout chevalier errant, il parti seul, et se dirigea vers ce que l’on appelait la Fontaine Merveilleuse. Yvain ne savait pas exactement vers quel genre d’aventure il allait, mais l’idée d’un magnifique domaine caché dans une fontaine le tentait énormément.

Fontaine de Barenton | © BERTHIER Emmanuel.La légende de cette fontaine était très répandue, elle pouvait offrir de la chance à quiconque savait comment s’y prendre. En effet des gestes simples permettaient d’activer cette chance, il fallait verser de l’eau du bassin sur la pierre formant la fontaine. Ces gestes anodins ne suffisaient malheureusement pas car dès que l’eau touchait la pierre le tonnerre se faisait entendre, les nuages noirs s’amoncelaient juste au dessus du malheureux qui avait provoqué cette tempête. Plus aucun animal ne restait dans les parages car en plus du tonnerre, la pluie et la foudre envahissaient la forêt. Celui qui arrivait à laisser passer cette tempête magique sans avoir de dommages se rendait compte que le bruit fracassant du tonnerre avait réveillé le gardien de cette fontaine.

Yvain réussit à trouver la fontaine sans perdre de temps, la tempête le surprit par sa violence mais il s’en sortit indemne. Trempé jusqu’aux os, il s’avança vers la fontaine. Il s’apprêtait à remplir sa gourde pour rentrer à Camelot quand le gardien de la fontaine apparu devant lui, sorti comme par magie de la fontaine. Vêtu de noir de la tête aux pieds, il s’avança vers Yvain l’épée sortie de son fourreau. Le voyant l’épée au poing, Yvain recula pour se laisser le temps de récupérer la sienne tombée de son cheval lorsqu’il avait pris peur dans la tempête.
Yvain se rendit vite compte que ses forces égalaient celle du gardien, qui avait une technique très ressemblante à celle appris par les chevaliers à Camelot. Le combat dura un long moment, chacun cherchant les faiblesses de l’autre. Yvain se rendit compte que plus le gardien s’éloignait de la fontaine, plus ses forces diminuaient. Lorsqu’il comprit cela, le chevalier s’efforça d’éloigner le gardien petit à petit et finit par le transpercer de sa lame.

Yvain et la tempête de la fontaine  merveilleuseFatigué de son combat, Yvain retourna vers la fontaine pour y boire un peu de son eau si claire. Lorsqu’il s’assit un peu pour se reposer, une autre personne sortit de la fontaine ensorcelée, Laudine, maitresse du domaine caché derrière la fontaine et épouse, désormais veuve, du gardien.
Voyant le corps de son époux éloigné de la fontaine, elle comprit que le chevalier la regardant était le coupable. Elle commença à hurler de chagrin contre Yvain, il finit par réussir à lui expliquer qu’il n’avait jamais eu l’intention de tuer qui que ce soit, mais quand il était attaqué il répondait. Assise au bord de l’eau, Laudine pleurait à chaudes larmes, Yvain lui offrit ses bras en réconfort.

Ce qu’Yvain n’avait pas à l’esprit à ce moment là, c’est qu’il venait de tuer le gardien, et comme dans beaucoup de légende, il devait alors prendre cette place devenue vacante. Après avoir sécher ses larmes, Laudine lui expliqua que ce rôle lui permettait de passer de l’autre côté de cette fontaine. Lorsqu’il la suivit, il découvrit un magnifique pré, rempli de fleurs sauvages, avec au milieu une superbe petite chapelle. Yvain ouvrait grand les yeux, il voulait imprimer tout ce paysage dans sa mémoire. Laudine l’invita à rester quelques temps pour découvrir l’ensemble du domaine, Yvain ne mit pas longtemps à se laisser convaincre, il était tombé amoureux de ce paysage enchanté. Au bout de quelques jours, voyant Laudine sourire de nouveau, Yvain se rendit compte qu’il n’y avait pas que du paysage qu’il se sentait amoureux. Ils finirent par se marier, mais Yvain sentait au fond de lui un appel qui commençait à faire beaucoup de bruit dans sa tête, Camelot, ses frères chevaliers, les aventures, tout cela commençait à lui manquer sérieusement. Un beau matin, il parla à sa nouvelle épouse, et il partit, lui promettant de revenir rapidement.

Plusieurs mois avaient passé lorsqu’il franchit les portes de Camelot mais la même ambiance s’activait dans la cours, et cela lui fit chaud au cœur, il était de retour à la maison.

Légendes de Bretagne | © L'Amiral

La suite la semaine prochaine avec Gauvain, Lancelot et Galaad …

About Nolwenn Nedelec

Présidente de l'association AHJV France, journaliste pour Le Phare Ouest. Passionnée de cinéma, littérature, musique... Bref la culture en général.

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