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Légende de Bretagne : Arthur et les chevaliers de la Table Ronde (suite)

Légende de Bretagne : Arthur et les chevaliers de la Table Ronde (suite)

Parmi les 150 chevaliers qui forment la confrérie de la Table Ronde, trois, en plus de Perceval et Yvain, se sont fait connaître par leurs actes, pas toujours exemplaires : Gauvain, Lancelot et Galaad.

Gauvain, le chevalier courtois envers les Dames

Sir GauvainGauvain est le fils du roi Lot d’Orcanie et de Morgause, la sœur d’Arthur et par conséquent le neveu d’Arthur. Ayant vécu dans une cour depuis sa plus tendre enfance, sa famille lui a inculqué des valeurs de courtoisie et de générosité indispensable dans la vie des chevaliers.
Avant l’arrivée de Lancelot du Lac, Gauvain était considéré comme le meilleur des chevaliers, un chevalier d’exception. La magie l’a imprégné dès son plus jeune âge, il se rendit vite compte que ses forces évoluaient en fonction du soleil. Ses forces étaient à leur maximum lorsque l’astre était à son zénith, et diminuaient de façon significative à la tombée de la nuit. Gauvain fut le premier à réussir à battre Arthur en combat singulier, à l’entrainement, ce qui renforça considérablement le lien qui les unissait déjà. En plus d’être le neveu d’Arthur, il devint à ce moment-là également un de ses meilleurs amis.

Yvain est également un ami très cher à Gauvain. Quand Yvain disparut durant de longs mois, parti sur la quête de la Fontaine Merveilleuse, Gauvain attendait son retour avec impatience, persuadé qu’il reviendrait et en même temps inquiet, prêt à aller le rechercher comme le veut le serment des chevaliers.
Lorsque Yvain apparut à l’entrée du château, Gauvain s’apprêtait à partir le rechercher. Leurs retrouvailles furent heureuses et après ces longs mois sans voir ses frères chevaliers, Yvain avait beaucoup de choses à raconter. La soirée fut longue et pleine des aventures d’Yvain et de la Fontaine Merveilleuse.

Dès le lendemain, ils reprirent tous leurs habitudes quotidiennes. Gauvain, qui était l’un des rares chevaliers à être appelé « monseigneur », se faisait un devoir d’aider les demoiselles en détresse ou d’être le champion des dames. Il est surtout connu pour son amour des femmes, sans en aimer une en particulier. Gauvain n’arrive pas vraiment à comprendre l’amour qui peut lier un homme et une femme, comme Yvain et Laudine. Il fera tout pour que Yvain n’ait pas l’occasion de retourner auprès de sa femme, l’entrainant aventure après aventure, quête après quête.
De toutes les aventures que Gauvain a traversées, chacune avait un attrait féminin, que ce soit pour secourir une demoiselle dont le château est assiégé par une force maléfique, appelé Demoiselle Hideuse, ou quand il part secourir Guenièvre peu après que Lancelot soit parti à sa recherche.

Lancelot du Lac, le chevalier à l’amour caché

Tout au long de ses aventures, sa renommée et son amour pour la reine Guenièvre ne cessent de grandir.
Lorsqu’un matin, le seigneur Méléagant se présente au château de Camelot, Lancelot et de nombreux chevaliers y compris Arthur étaient absents. Le visiteur s’arrêta à l’entrée de la cour du château, et raconta à qui voulait l’entendre, qu’il retenait prisonnier de nombreux chevaliers, celui qui parviendrait à le battre en duel pourrait délivrer tous les chevaliers, dans le cas contraire, il emmènerait Guenièvre dans son château. Dès que le chevalier Keu eut entendu les requêtes du visiteur, il se retrouva totalement indécis, le défi était lancé, en tant que chevalier il ne pouvait tourner le dos à un défi, mais par ailleurs s’il perdait, ce dont il doutait, comment expliquer à son roi qu’à cause d’un défi la reine fut obligée de partir ?

Il accepta tout de même le défi, persuadé de gagner. Dès le lendemain, Keu et Guenièvre retrouvèrent le seigneur Méléagant en bordure de forêt. Le combat fut rapide, Keu se retrouva vite à terre. Le seigneur s’empara aussitôt de Guenièvre et du chevalier à l’ego meurtri et commença à s’avancer vers la forêt lorsqu’il entendit un cheval au galop s’approcher. Lorsqu’il se retourna, il vit Lancelot, l’épée à la main s’approcher rapidement. Il s’arrêta et sortit son épée, fort de sa victoire récente. Le premier assaut que Lancelot lança fit mouche, Méléagant fut touché à l’épaule mais il réussit tout de même à enfoncer son épée dans les flancs du cheval du chevalier. Son fidèle destrier se cabra aussitôt et fit tomber le chevalier, en retombant, mort, le cheval coinça les jambes de Lancelot sous lui. Méléangant en profita pour fuir, gardant prisonnière Guenièvre et Keu, ils partirent vers la forêt et disparurent des yeux de Lancelot.

Fou de rage, Lancelot finit par réussir à se dégager de son cheval et, les jambes endolories et flageolantes, commença à suivre leur piste. Même blessé, Méléagant allait vite et Lancelot perdit leurs traces. Il erra dans la forêt comme une âme en peine.
Arrivé sur un chemin, Lancelot aperçut un nain avec son âne tirant une charrette. Il demanda au nain s’il avait vu les deux hommes accompagnés de la reine. Le nain ne mit pas longtemps à répondre qu’il pourrait le mener au château du seigneur Méléagant, à une seule condition, Lancelot devait monter dans la charrette pour tout le trajet.

Lancelot commença par refuser, seuls les brigands et les hommes de peu de foi utilisaient ce style de transport, mais il se rendit compte vite qu’il s’agissait là du seul moyen de revoir sa bien-aimée et son frère chevalier. Il se résolut donc à monter.
Avec le nain, ils traversèrent de nombreux villages. Chaque fois les mêmes regards méprisants, les mêmes moqueries le submergeaient de honte. Un soir, le nain arrêta cette charrette de la honte, ils étaient arrivés devant un château. Lancelot vit sa reine entrainée par des gardes et parti à leur poursuite.

Lancelot passant le pont de l'Épée

Lancelot passant le pont de l’Épée

Il s’arrêta devant un pont, qui n’était pas un pont classique fait de pierres ou de bois, une magnifique et tranchante épée reposait au-dessus des douves remplies d’une eau noire et glacée. Sur l’autre rive on pouvait voir deux énormes lions monter la garde. Lancelot se lança dans la traversée, se coupant les mains à de nombreuses reprises. Les mains en sang, il faillit glisser de nombreuses fois. Lorsqu’il parvint de l’autre côté, il se prépara à affronter les deux gardes mais les lions avaient disparu comme par enchantement.
Devant cet exploit, le roi du château voulut libérer tous les prisonniers, mais son vassal le seigneur Méléagant s’y opposa farouchement et voulut défier Lancelot. Le duel est programmé pour le lendemain matin. Lancelot eut beaucoup de mal à s’endormir, mais ses efforts eurent finalement raison de lui et le sommeil l’emporta. Dès l’aube Méléagant attendait Lancelot dans la cour du château, le combat commença rapidement. Lancelot était persuadé de gagner, la blessure de l’épaule de Méléagant l’aidait beaucoup, il perdait ses forces à mesure que le duel perdurait. Lancelot avait le dessus dans le combat, Méléagant perdait de sa dextérité et de sa force à chaque minute qui passait, le roi du château le voyait bien et fit arrêter le combat. Méléagant, à bout de forces, ne put s’y opposer. Lancelot reparti fièrement du château, Guenièvre à ses côtés et suivit de nombreux chevaliers en direction de Camelot.

Galaad, le chevalier parfait

Sir GalaadLors d’une de ses aventures, Lancelot se rend dans le château du roi Pêcheur. Il sera alors dupé. Une des servantes du roi arriva à lui faire boire un filtre magique. Durant la nuit, Lancelot vit Guenièvre le rejoindre dans sa chambre. Le filtre réussit à abuser tous les sens du chevalier, en réalité la femme qui passa la nuit avec lui n’était personne d’autre que la servante. De cette nuit d’amour naquit, neuf mois plus tard, un petit garçon, qui sera appelé Galaad, en hommage au premier nom porté par son père.
Jusqu’à ses quinze ans, Galaad sera élevé dans une abbaye de la forêt de Camelot, arrive alors un ermite, vieux et barbu, qui lui fait part d’une partie de son avenir : il deviendra chevalier à la cour d’Arthur. Rêvant de devenir chevalier, comme son père, il partit sans tarder vers le château.

Arrivé à Camelot, il rencontre pour la première fois son père, Lancelot. Le vieil ermite qui l’avait accompagné le présente à la cour comme étant « le Chevalier Désiré », celui qui mettra fin à la quête du Graal. Il fut adoubé par son père, à la demande d’Arthur.
La première de ses aventures l’emmena loin de Camelot. Il partit seul en direction du « Chatel aux pucelles », sept frères y gardaient prisonnières toutes les femmes s’approchant du château.
Comme le veut la tradition des chevaliers, Galaad partit seul en direction du château. Le trajet se fit sans problème, ne s’arrêtant que pour dormir et acheter de quoi manger en chevauchant, il ne tarda pas à arriver en vue de l’immense demeure.
Les énormes grilles étaient fermées, Galaad essaya de les pousser mais elles résistèrent. Il se résolut finalement à les escalader. Parvenu tout en haut, il vit l’immensité du domaine qu’il aurait à traverser pour atteindre les portes du château.

Le chevalier entreprit la descente quand un mouvement dans son champ de vision le fit stopper. Lorsqu’il tourna la tête, il vit trois hommes s’approcher de lui, leurs épées brillantes au clair de lune. Arrivé à mi-hauteur des grilles, Galaad sauta pour avoir les pieds sur la terre ferme lorsqu’ils arriveront. Il eut tout juste le temps de sortir son épée de son fourreau que les trois hommes lançaient leur premier assaut. L’adresse, la force et le courage du jeune chevalier eurent raison de ses adversaires. Ayant peur de voir d’autres adversaires arrivés, il ne rangea pas son épée encore rougie du sang des trois gardes.

La porte du château n’opposa pas de résistance lorsque Galaad commença à la pousser. Il ne put faire qu’un seul pas dans l’entrée avant que deux autres gardes ne s’abattent sur lui. Galaad réussit à esquiver l’assaut du premier homme et s’attaqua au deuxième qu’il transperça de son épée, il n’était pas encore tombé au sol que le premier garde revint à la charge. Voyant son collègue garde à terre, il redoubla de vigilance mais Galaad découvrit son point faible et attaqua. Son adversaire vit trop tard le coup venir et rejoignit l’autre garde dans la mort.
Galaad commençait à fatiguer de ses combats, mais il entendait des cris de femmes, et cela lui redonna des forces pour aller les délivrer. Il arpentait les couloirs du château quand il vit une porte gardée par deux autres hommes en armure. Pensant qu’il s’agissait de la pièce où étaient enfermées les malheureuses, il attaqua les deux hommes sans attendre. Celui à gauche de la porte ne vit pas venir le chevalier et prit un coup du plat de la lame sur la tête, il tomba sans un cri, la vie l’ayant quitté. Le deuxième homme ne tarda pas à réagir en voyant son collègue à terre mais le temps de sortir sa lame et Galaad était déjà en place devant lui, lançant son assaut. Le garde défendit l’entrée de la pièce farouchement, parant beaucoup des assauts du chevalier, profitant de la fatigue de Galaad. Pourtant le garde commit une erreur, il changea de position, ce faisant il trébucha sur un repli de tapis parcourant le couloir, une fois à terre, Galaad porta le coup fatal et s’approcha de la porte. Il approcha l’oreille mais n’entendit plus ni cris ni pleurs, il entra, espérant ne plus avoir à combattre.

La porte grinça en s’ouvrant, mais une fois à l’intérieur, Galaad fit le tour de la pièce quasiment vide. Il ne comprit pas pourquoi une pièce vide était aussi bien gardée. Il parcourut le petit couloir au fond de la pièce et comprit. Sur un grand piédestal un magnifique cor d’ivoire trônait. Il en fit le tour et l’écriteau qui expliquait que la musique pouvait guérir de nombreux maux. Prenant son courage à deux mains, il agrippa le cor d’ivoire et entreprit de souffler dedans.

On ne pouvait pas vraiment de parler de musique à ce moment-là, mais une note grave parcourue rapidement toutes les pièces du château. Galaad dut lâcher le cor tellement le son était fort et lui attaqua les oreilles. Quand la note s’éteignit, il vit apparaitre autour de lui et dans de nombreuses pièces des femmes, de tous les âges qui pleuraient. Quand il réussit à attirer l’attention de toutes les femmes il entreprit de les faire sortir. En voyant l’expression de leurs visages, Galaad sut qu’elles n’avaient pas vu la lumière du jour se lever depuis bien longtemps.
Les grilles de l’entrée ne résistèrent aucunement quand Galaad commença à les pousser. Les femmes ne mirent pas longtemps à vouloir mettre autant de distances qu’il était possible entre elles et ce château de malheur.

Sur le chemin du retour, Galaad rencontra des enfants qui jouaient sur le bord du chemin. L’un d’eux interpella le chevalier, quand Galaad descendit de cheval pour l’écouter, le petit garçon lui expliqua que les sept gardes du château étaient la représentation terrestre des sept péchés capitaux. Quand le chevalier lui demanda comment il l’avait su, le jeune garçon eut un sursaut et regarda Galaad avec de grands yeux. Il lui reposa la question mais le jeune garçon n’avait aucun souvenir de ce qu’il avait dit, ni pourquoi il avait interpellé le chevalier.
Abasourdi par ces révélations, Galaad reprit le chemin vers Camelot, cherchant à comprendre mais n’y arrivant pas. Plongé dans ses pensées, le chemin lui parut beaucoup plus rapide qu’à l’aller. Il fut accueilli en héros dès son entrée dans la cour, et ses pensées disparurent avec la fête que ses frères chevaliers organisèrent pour sa première quête accomplie.

Légendes de Bretagne | © L'Amiral

La suite de la légende du roi Arthur et des chevaliers de la Table Ronde la semaine prochaine …

About Nolwenn Nedelec

Présidente de l'association AHJV France, journaliste pour Le Phare Ouest. Passionnée de cinéma, littérature, musique... Bref la culture en général.

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